La direction d’Avenance Entreprises vient de proposer son dernier mot en matière d’augmentations salariales pour 2008 faisant un chantage aux organisations syndicales pour une signature avant le 20 juin (hier) ou on verra ce que l’on verra. Annonçant 3,3% dont 2,3% au 1er juin et 1% au 1er décembre, la direction prétend combler l’inflation et davantage. Or, s’il est vrai qu’en comparant les montants des salaires versés en décembre 2007 et en 2008, il y aurait une différence de 3,3%, la différence se situe en niveau et non en pouvoir d’achat supplémentaire perçu.
En effet, le salarié n’aura touché cette différence qu’une seule fois dans l’année. Regardons de plus près

 

Montant des salaires de base au

Pouvoir d’achat supplémentaire perçu en 2008 Augmentation moyenne mensuelle 2008
01/12/07 01/06/08 01/12/08
1 1 280,07 € 1 322,00 € 1 328,61 € 300,12 € 2,1%
2A 1 297,85 € 1 345,00 € 1 351,72 € 336,77 € 2,3%
2B 1 316,55 € 1 364,00 € 1 370,82 € 338,97 € 2,3%
3A 1 347,85€  1 392,00 € 1 400,00 € 317,05 € 2,1%
3B 1 420,90 € 1 468,00 € 1 475,34 € 337,04 € 2,1%
4A 1 515,00 € 1 565,00€  1 573,00 € 358,00 € 2,1%

Ainsi, un salarié au minima du niveau 1 aura touché en 2008, 5 salaires de 1 280,07 € (identiques au dernier de 2007) + 6 salaires de 1 322,00 € + 1 salaire de 1 328,61 €. Son pouvoir d’achat supplémentaire par rapport à 2007 sera donc de 6 fois ( 1322 € – 1 280,07 €) + 1 fois (1 328,61 € – 1 280,07 €), soit 6 fois 41,93 € + 1 fois 48,54 €. Un gain de pouvoir d’achat supplémentaire de 300,12 € au cours de l’année 2008 et si nous sommes tout à fait honnêtes en tenant compte du 13ème mois, cela représente une augmentation en moyenne mensuelle de 2,1% en 2008. Loin des 3,3% annoncés par la direction et encore plus loin des 3,7% d’inflation annoncés par le gouvernement ! Surtout lorsqu’on sait que l’indice INSEE représente une situation théorique qui n’est certainement pas la vôtre ! Pour schématiser un exemple, on ne tient compte que de la moitié de la hausse des loyers en considérant que la moitié des habitants est propriétaire et n’est pas concerné. Cela s’appelle de la « pondération » !
Concrètement, chez Avenance, un salarié de niveau 4A (un chef de cuisine ou un gérant adjoint, par exemple) qui prendrait sa voiture personnelle pour se rendre au travail compte tenu des horaires ou du lieu excentrés, voit son pouvoir d’achat supplémentaire accordé par la direction totalement anéantie par la hausse des carburants dès lors qu’il accomplisse un trajet aller-retour de plus de 50 kilomètres par jour (avec une voiture neuve) !
En ce qui concerne les autres éléments de salaire, la prime d’activité continue (PAC) serait augmentée de 1,50 € par mois et la prime de détachement temporaire, censée encourager la mobilité, de 15 centimes par mois. La prime « tournante » pour les salariés sans affectation fixe et appelés à effectuer des remplacements là où on veut sans préavis, la prime passerait à 122,50 €, soit à peu près 21 fois la prime de détachement temporaire.
Une enveloppe de 0,1% de la masse salariale est consacrée à combler les écarts entre les salaires des hommes et ceux des femmes.