Alors que le groupe annonce un premier trimestre 2005 record et le secteur « travel related services » un résultat net en hausse de 20% par rapport à la même période de 2004 avec 801 millions de dollars, American Express Voyages d’Affaires va licencier 413 personnes. Un charter pour l’ANPE « pour préserver la profitabilité de l’entreprise » selon un lapsus révélateur du DRH qui présidait hier une séance de négociation pour aboutir à un « accord de méthode ».
L’objet de cet accord est en principe, de régir et d’ordonner dans le temps les modalités de consultation du CCE dans le cadre d’un projet de restructuration doublé d’un projet de licenciement économique. Le CCE a la faculté de se faire assister d’un expert comptable dans l’examen du projet. Sans cet éclairage, comment les représentants du personnel peuvent-ils formuler un avis en toute connaissance de cause. Rappelons qu’un PSE doit permettre de sauver un maximum d’emplois tout en préservant l’entreprise de la faillite. Ce qui loin d’être le cas ici.
C’est sans doute pour cela que le projet d’accord de méthode remis par la direction englobe la motivation économique, le nombre, la répartition et les critères de licenciement à l’unité près ainsi qu’en annexe, les mesures du plan de sauvegarde de l’emploi.
Dans ces conditions, les consultations du CCE sont inutiles. La direction fera valoir l’approbation des syndicats dès qu’un élu lève la tête pour questionner le projet.
Les sachant minoritaires, la direction rigole au nez des élus CFDT qui réclament le respect des procédures. Elle peut se le permettre
Tout est bouclé, chiffrage des coûts du plan compris, et la direction n’accepte aucune contre-proposition alors que la procédure de consultation n’est officiellement toujours pas commencée !
La majorité CFTC annonce dans ses tracts qu’elle a dores et déjà capitulé : « nous nous doutions tous que la montée du (des ventes) OnLine amènerait fatalement des suppressions d’emploi
»
annonce-t-elle dès le 17 mai aux salariés et le 2 juin « nous pensons que la direction part sur de bonnes bases de négociation ».
Avec un accord de méthode qui lie les mains du CCE, une moquerie faite des procédures de consultation du CCE, certains pensent jouer aux plus malins. Ce n’est pas tolérable que les multinationales consolident leurs bénéfices avec l’argent des « contribuables » français. La CFDT interpellera les pouvoirs publics à ce sujet.
Reste qu’une « personnalité civile » peut agir en justice pour l’annulation du projet de licenciements économiques et qu’éventuellement, 413 personnes pourront plaider l’absence de cause réelle et sérieuse à leur licenciement.