Depuis la catastrophe en Asie, nous tentons de nouer des contacts avec nos collègues et homologues des pays touchés.
Il semblerait à ce jour que la Thaïlande soit le seul pays (en développement) où les employés de l’hôtellerie tourisme aient la liberté de rejoindre un syndicat. C’est également le seul pays où des statistiques sur l’emploi sont accessibles. Pourtant, la Thaïlande n’est pas un modèle du droit du travail.
Quelques pays ont des salaires minima officiels mais en réalité personne n’oblige les employeurs à les respecter. Les autres pays ne s’embarrassent pas avec des détails pareils. C’est la loi du marché qui gouverne.

France

7,61 €

 

par heure

Bangladesh

930 Tk

11,41 €

par mois

Inde

2100 Rs

35,75 €

par mois

Indonésie

642 500 Rp

50,57 €

par mois

Sri Lanka

2500 Rs

22,19 €

par mois

Thaïlande

175 Bht

3,32 €

par jour

Dans la région de l’Asie du sud est, ce sont surtout les riches pays voisins qui visitent les pays les plus pauvres (Coréens, Japonais, Indiens, Taiwanais et Chinois visitent le Vietnam, la Thaïlande, le Sri Lanka, le Laos, le Cambodge, etc).
Mais en 2003, sur 10,8 millions de visiteurs en Thaïlande, 3,4 millions étaient des touristes américains et européens. Ca tombe bien pour le calcul
environ 3 millions de salariés sont occupés dans le tourisme.
Lorsqu’un touriste occidental voyage en Asie, est-il réellement à 10, 20, voire 50 euros près ? Non ! Même les routards d’aujourd’hui partent avec un budget conséquent !
Ce sont les employeurs, nos employeurs, qui incitent à la culture du « toujours moins cher » en incitant au tarif le plus bas par tous les moyens (affiches, journaux, télé, internet
). Ils poussent le vice à inciter à voyager moins cher : le luxe moins cher, les grandes marques (contrefaçons) moins chères, les fêtes moins chères, l’alcool et les cigarettes moins chers, les sensations moins chères, le sexe moins cher

Au point où ils détruisent nos emplois, leurs marges et la planète !
Tôt ou tard, il va nous falloir régler nos comptes avec eux. Leur rappeler leur responsabilité sociale et environnementale à l’échelle planétaire !
Sachant que nos collègues en Asie n’ont ni Sécurité Sociale, ni Assedic, ni régime de retraite, êtes-vous prêt à verser 10, 20 voire 50 € de plus pour votre prochain voyage si ces 50 € permettent, par exemple, de verser aux salariés un 13ème mois ou une garantie contre le chômage ? Nous osons croire que oui !
A quand le tourisme durable et équitable ?