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Alors que Compass Group voudrait convaincre le monde de sa responsabilité sociale, ses directions locales ne cessent de le démentir. A Hassi Messaoud dans le désert algérien, on ne semble pas avoir entendu parler de ces valeurs. Bien au contraire, loin d’accepter le dialogue social, la multinationale use de son poids pour écraser toute veillée syndicale.
Le 30 novembre dernier, son numéro 1 dans le pays, Bill Joel, a déchiré devant un rassemblement de salariés, le procès-verbal d’installation de la section syndicale de l’UGTA. Signifiant ainsi son mépris du droit du travail algérien, il intimait aussi un message : tout salarié qui oserait lever la tête se verrait infliger le même sort que les précédents.
En effet, le secrétaire de la section UGTA a été licencié au mois de juillet après 6 mois de mise à pied sans salaire. Le 2 décembre, il a été condamné à une amende de 10 000 dinars (100 €) par un tribunal. Accusé d’avoir insulté un responsable hiérarchique, ses témoins ne pouvaient « se libérer de leur travail » pour contribuer à sa défense lors de l’audience qui a eu lieu le 15 novembre. Ceux de la direction n’ont pas eu de tels empêchements. Le juge a bien relevé quelques contradictions dans leurs propos mais le dossier de la défense ne faisait plus le poids.
Yacine Zaïd est à nouveau convoqué devant le juge aujourd’hui à 500 kilomètres de son domicile. Se sentant fort, Eurest a porté plainte contre lui en son nom propre pour « diffamation sur Internet ». Pour avoir révélé les conditions d’emploi des salariés d’un leader mondial de la restauration il risque une condamnation pénale.
Hormis sa « petite vengeance », il est difficile de comprendre ce que Compass peut gagner. Le monde entier est déjà au courant ! Faire jeter un syndicaliste en prison, est-ce que cela va améliorer son image de marque ? Nous croyons le contraire. En France comme ailleurs, les syndicats ont souvent leur mot à dire dans les attributions de marché.
La CFDT appelle Compass à sa responsabilité : accepter le fait syndical en Algérie comme ailleurs ; accepter des négociations et un dialogue de bonne foi avec l’UGTA pour permettre à sa section syndicale de vivre et de défendre les intérêts des travailleurs algériens.

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Source : UGTA