Les actionnaires peuvent être contents. Ils ont su le 8 mars, lors de la publication des résultats du groupe que leurs dividendes seraient augmentés de 32,5%. Mais, paraît-il, ils sont déçus
Le résultat net (part du groupe) progresse de 42,9% par rapport à 2004, soit 333 millions d’euros en 2005.
Les salariés des hôtels des différentes enseignes du groupe seront moins contents.
Les négociations annuelles sur les salaires se sont déroulées dans un climat tendu, la direction ne voulant céder qu’une augmentation de 1,9 %. Pour se justifier, la direction plaidait :
– une baisse de l’activité des chaînes ! Un comble lorsque le groupe affirme depuis des mois vouloir se concentrer sur l’hôtellerie économique dégradant ainsi l’image de certaines de ses propres marques ;
– « l’augmentation importante du SMIC depuis plusieurs années » ;
– des retards de versement des aides Raffarin/Sarkozy ;
– et enfin un chantage inadmissible en invoquant « une incertitude quant à l’annulation éventuelle de certains points de l’avenant n° 1 à la CCN suite à un recours déposé au Conseil d’Etat par la CFDT ».
Notre syndicat a dénoncé avec force cette attitude qui visait à exercer une pression pour le retrait de ce recours, sans jugement. Il indiquait le peu de sérieux avec lequel le gouvernement et les organisations patronales se sont engouffrés dans l’extension de cet accord de branche juridiquement instable. Et ce, malgré les appels à la raison de la CFDT.
Le 15 mars, une ultime négociation s’est déroulée. Sous la pression des organisations syndicales et plus particulièrement de la CFDT, la direction du groupe accordait une augmentation allant de 2% à 2,5% seulement

Comme l’a souvent rappelé notre confédération, le groupe Accor, numéro un de l’hôtellerie, qui se veut à la pointe du mouvement pour la responsabilité sociétale des entreprises devrait user de son influence pour améliorer les conditions de travail et de salaires dans la profession afin de fidéliser les salariés et attirer les jeunes. Au lieu de cela, il encourage les tendances patronales qui cherchent un nivellement par le bas et à renflouer leurs marges par des aides de l’état.