Le groupe Accor vient d’annoncer un programme de rachat de ses propres actions. Doté de 500 millions d’euros sur 12 mois, ce programme n’est rien d’autre qu’une prime aux actionnaires. Le groupe achètera sur le marché, ses propres actions pour les annuler, améliorant la valeur de chaque action survivante. En effet, la valeur global du capital reste identique, voire supérieure si l’opération est accompagnée d’un regain de confiance des spéculateurs dans le groupe. Accor y compte fortement, car il prévoit de payer jusqu’à 62 euros des actions qui ne valent que 51 euros aujourd’hui. Il calcule qu’à ce niveau de prix, il peut en racheter environ 5% !
« Le programme de rachat vise à  » faire bénéficier [les] actionnaires [d’Accor] de ces bonnes perspectives, tout en améliorant [la] structure de bilan  » du groupe » – dit le communiqué.
Après avoir obtenu des financements basés sur la vente des murs de ses hôtels à des fonds de pension, donc des investissements à long terme, Accor, à notre avis, engage une politique de la terre brûlée en sortant immédiatement de l’argent frais au profit exclusif de ses actionnaires. Il néglige ainsi la consolidation de la position du groupe sur l’échiquier mondial.
Mais ce n’est pas la seule source de financement du groupe Accor. Les remises de cotisations sociales accordées par le gouvernement français au groupe Accor représentaient au moins le cinquième de son résultat net mondial (chiffres 2004) et dépassent sans doute ce pourcentage pour l’exercice 2005.
Or, le groupe oublie de faire le moindre effort pour améliorer les salaires dans la branche professionnelle de l’hôtellerie-restauration dont le maintien au plus proche du SMIC relève largement de sa responsabilité et contribue – grâce à l’effet d’aubaine – à l’ampleur des financements publics dont il profite largement.
Quelle sera sa part des 40 000 créations d’embauches promises en échange ? (Il s’agit de créations d’emploi et non d’embauches effectuées grâce au taux de rotation !)
A notre sens, ces financements publics devraient être utilisés non pas à des transferts de fonds exclusivement vers les actionnaires mais à la consolidation de l’emploi à long terme et à l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés.
Ces actions de gâchis sont irréversibles tout comme celles annoncées précédemment à forte valeur démagogique comme la mise de fonds dans un club de football populaire !