Communiqué de la Fédération des Services CFDT
Devant le blocage patronal, le Bureau Fédéral a décidé d’une mobilisation nationale au titre évocateur dans les H.C.R (hôtels, cafés, restaurants) par le biais de ses syndicats.
Comme vous le savez déjà, rien ne va plus dans la branche H.C.R. pour les 800 000 salariés dont la majorité sont des femmes. Depuis plusieurs années les organisations patronales bloquent toutes négociations qui permettraient d’améliorer les salaires et les conditions de travail et d’emploi dans la profession. Et pourtant ce secteur bénéficie de cadeaux fiscaux octroyés par le gouvernement, cadeaux qui n’en finissent pas de se succéder.

• Exonération totale des charges sur les avantages en nature.
• Allègement des charges sociales sur les bas salaires même pour ceux n’ayant pas signé d’accord RTT.
• Baisse de la taxe professionnelle.
• Cadeau récent d’1,5 milliards d’euros de baisse des charges.
• Promesse d’une baisse de la TVA à 5,5% qui tient toujours.
Vient se rajouter à tout cela :
• Annulation purement et simplement de notre accord de branche de juin 2001 sur la RTT et les salaires.
• Non respect de la signature patronale portant sur la création d’un régime de prévoyance de la branche pour toutes et tous pourtant signé dans la convention collective depuis 1997.
Tous ces cadeaux offerts et ceux à venir comme la baisse de la TVA à 5,5% l’ont été et sont sans aucune contrepartie exigée. C’est dans ce contexte que la CFDT dit « STOP » et doit se mobiliser.
Sur les salaires et la reconnaissance professionnelle
Nous entrons, si nous ne faisons rien, dans un système « plus que libéral » où chaque employeur tient à sa merci les salariés et peut les rémunérer comme bon lui semble, quelle que soit leur qualification.
Aujourd’hui, sur 5 niveaux et 14 échelons dans la grille des salaires, trois niveaux sont en dessous du SMIC et au 1er juillet 2004 il y en aura au total 4 sur les 5 soit 10 échelons sur 14.
L’exemple d’un jeune sortant de l’école hôtelière avec un BTS ou un BAC Pro qui sera payé en dessous du SMIC, idem pour une serveuse, un cuisinier ou une femme de chambre ayant plusieurs années d’expérience professionnelle.
Comment dans ces conditions revendiquer un salaire minimum pour celles et ceux sans qualification qui entrent dans ce secteur professionnel et quel avenir leur est offert ?
Comment ne pas constater les abus de tous les jours sur le non paiement des heures supplémentaires ou tout simplement effectuées ?
Sur les conditions de travail et d’emploi, les choses ne sont pas meilleures.
Comment dans ces conditions être une femme seule avec un enfant, travaillant le jour et le soir, les dimanches et les jours fériés, payer quelqu’un pour garder son enfant tout en étant rémunérée au SMIC ? C’est malheureusement une situation que beaucoup de salariées vivent et qui s’étend à d’autres situations.
Plus rien n’encadre la durée du travail depuis l’annulation de notre accord de juin 2001 sur la durée du travail, il n’y a même plus de minima d’heures pour un contrat à temps partiel, plus de réglementation sur les coupures, rien non plus sur le travail de nuit …
La durée du travail est passée officiellement de 43 h à 39 h sans la moindre contrepartie alors que tout était encadré dans notre accord de RTT progressive de 2001.
Comment croire les employeurs qui disent vouloir augmenter les salaires, améliorer les conditions de travail et d’emploi en refusant toutes négociations et qui plus est en ne respectant même pas leur signature en 1997 sur la mise en place d’un régime de prévoyance. 7 ans se sont écoulés déjà.
Nous n’osons même pas imaginer ce que deviendrait un salarié avec sa famille s’il était victime d’un accident ou d’une maladie grave ou prolongée. Il n’y a pas de couverture conventionnelle de prévoyance. En plus ces mêmes salariés sont obligés de faire l’économie d’une mutuelle car ne pouvant même pas la payer.
Devant ces situations que vivent les salariés des HCR, la CFDT tout entière doit se mobiliser. Il s’agit bien d’une mission de sauvetage pour les salariés de ces métiers.
La Fédération des Services revendique que des négociations se mettent en place dans les plus brefs délais portant en priorité sur :
1) La signature de la mise en place d’un régime de prévoyance de branche prévu en 1997.
2) La mise en place rapide d’une grille de salaires.
3) La négociation sur la durée et l’organisation du temps de travail.
4) Un accord sur le travail de nuit.
5) Des contreparties en matière d’emploi mais aussi pour un emploi durable.
Les salariés, avec la CFDT, ne peuvent plus se satisfaire de déclarations fracassantes, de promesses orales et de cadeaux fiscaux sans contreparties sociales légitimes.
Mobilisons les forces de la CFDT dans une action nationale commune
Le bureau fédéral a décidé d’une mobilisation nationale pour « une action de sauvetage dans les secteur des HCR ».
Cette action n’aura de sens et d’impact qu’avec la participation des syndicats de la Fédération des Services. Il y a bien longtemps qu’une telle action n’a pas été proposée dans ce secteur professionnel mais aujourd’hui plus que jamais la voix de la CFDT doit se faire entendre.
A plusieurs reprises les employeurs des Hôtels, Cafés et Restaurants sont descendus dans les rues, ont multiplié leurs pressions auprès du gouvernement pour obtenir une multitude de cadeaux fiscaux sans pour cela améliorer la condition sociale des 800 000 salariés de la profession et sur l’emploi. Bien au contraire, la qualité des situations au travail s’est détériorée, mais pas le portefeuille des employeurs.
La CFDT doit se faire entendre. La CFDT a les moyens de ses ambitions. C’est pourquoi nous avons décidé d’une action d’ampleur par nous-mêmes.
La saison estivale approche, la campagne d’information et de syndicalisation des saisonniers aussi. C’est maintenant que nous devons montrer notre détermination et accroître notre rapport de forces face aux employeurs et à tous les décideurs.