Le Comité Central d’Entreprise American Express Voyages d’Affaires a été réuni le vendredi 3 mars pour fournir son avis sur la première phase du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). En jeu, 223 suppressions d’emplois dont le caractère spéculatif a été dénoncé plusieurs fois dans ces colonnes.
A cette occasion, une intersyndicale de 3 organisations s’est prononcée contre le PSE. Depuis près d’un an, la direction laisse plané la menace de licenciements économiques grâce à un accord de méthode signé par le seul syndicat majoritaire, validant à l’avance, les modalités du PSE.
Mais même l’expert comptable mandaté grâce à un vote de celui-ci (non représenté dans l’intersyndicale) a conclu à une absence de motifs économiques sérieux.
Lisez la déclaration de l’intersyndicale…

Déclaration intersyndicale :
Au regard du rapport de l’expert comptable et des documents remis et des réponses de la Direction Générale,
Les Organisations Syndicales CGT, CFDT et FO, constatent :
– que les bénéfices nets cumulés et attendus pour cette année confirme que l’entreprise n’est pas du tout en danger.
– que la direction Générale veut procéder à des licenciements collectifs dans le seul but d’améliorer une fois encore les profits qui seront redistribués aux actionnaires et non aux salariés.
– que cette 1 première phase va générer au minimum la destruction de 223 emplois.
– que l’économie ainsi réalisée va d’ores et déjà rapporter plus de 4 millions d’euros pour 2006 à l’entreprise et à ses actionnaires.
– que les mesures d’accompagnement mises en place par la Direction Générale avec le soutient des syndicats : CFTC & CFE CGC, qui ne sont pas suffisamment contraignantes, vont également permettre à l’entreprise de réaliser de sérieuses économies sur tous les départs dits « volontaires ».
Les Organisations Syndicales CGT, CFDT et FO dénoncent :
– La destruction des emplois dans l’entreprise dans le seul but de répondre aux exigences d’objectifs fixés par la Direction Générale pour satisfaire les actionnaires.
– La suppression des emplois dans cette première phase qui masque et menace, par les effets induits, d’autres emplois dans l’entreprise.
– La dévalorisation des compétences et des qualifications de l’activité « On line »,
– La recherche effrénée du moindre coût, qui avec la mise en place des technologies tel que le robot TRX conduit à la réduction des effectifs et avec une nouvelle organisation conduira juste après à la délocalisation de nos services et de notre travail dans des pays à bas coût de mains d’oeuvre
Les Organisations Syndicales CGT, CFDT et FO rejettent ce modèle qui :
– oppose le coût des salariés à de meilleurs résultats financiers pour l’entreprise et ses actionnaires.
– construit des fortunes et démolit l’emploi.
– dirige les salariés vers le chômage, la précarité et demain peut être le RMI alors que dans le même temps les actionnaires acquièrent d’importants dividendes.
Les Organisations Syndicales CGT, CFDT et FO rappellent que les salariés ne sont ni coupables ni responsables de ces décisions désastreuses. La Direction Générale a largement les moyens de financer ses ambitions sans porter atteinte à l’emploi en revoyant ses objectifs à la baisse et qu’elle a failli dans son devoir d’anticipation de l’évolution des emplois et des compétences.
Ainsi, Les Organisations Syndicales CGT, CFDT et FO refusent d’accompagner la Direction dans son oeuvre destructrice et de cautionner les décisions prises par le Comité Central d’Entreprise et quittent cette instance pour exprimer et manifester leur opposition à toutes ces démarches.