C’est aujourd’hui le 1er juillet,  la baisse de la TVA devient effective dans les HCR.  Attendue depuis de nombreuses années par les employeurs de la profession, accueillie avec beaucoup de scepticisme par les organisations syndicales. Ce qui aurait pu être un évènement dans l’histoire de cette branche tombera rapidement dans les oubliettes. Cette baisse de la TVA, accompagnée à grands renforts par les Etats généraux de la restauration, n’est qu’une  opération médiatique, démontrant que la présidence actuelle de la république (contrairement aux autres) tient promesse.  Le tout ressemblait à un coup électoral à quelques semaines des élections européennes. Force est de constater que cette baisse pour les employeurs, n’est pas la bienvenue. Alors qu’elle concerne uniquement la restauration, les alcools restant à un taux à 19,6%, beaucoup d’hôteliers et de cafetiers commencent à regretter les aides Sarkozy, celles-ci étaient applicables à toutes les entreprises du secteur. De plus, l’Etat leur demande des contreparties en échange de l’obtention de cette baisse de la TVA, tout aurait été si simple si l’intégralité de cette réduction constituant un bénéfice serait restée dans la poches des employeurs. Dans la réalité, c’est bien ce qui va se passer, le fameux contrat avenir conclu entre l’Etat et la profession n’est qu’un contrat moral ! Tout est dit dans ces deux mots, aucune obligation de baisser les prix, aucune obligation d’augmenter les salaires et aucune obligation d’embaucher.

La baisse des prix : Tous les restaurateurs ne l’appliqueront pas, ils le disent ouvertement devant les médias. Il y a ceux qui ont augmenté leur prix quelques semaines avant le 01 juillet pour les baisser aujourd’hui. Il y a ceux qui les augmenteront dans quelques mois, prétextant la hausse des matières premières. Il y ceux qui vont les baisser sur certains produits, comme par exemple la chaîne Hippopotamus qui choisit de diminuer le prix du menu enfant (c’est vrai que cette population concerne une très grande partie de la clientèle…). Et puis, il y a ceux qui ne baisseront pas leurs tarifs mais amélioreront la qualité des produits. Quant au discours tenu par certains restaurateurs, comptant sur la concurrence entre ceux qui jouent le jeu et ceux qui ne le jouent pas, pas si évident que le consommateur s’inscrive dans ce raisonnement. De toute façon plus de 80% de la clientèle est persuadée qu’il n’y aura pas de baisse de prix. Avec un tel capital confiance, les restaurateurs peuvent dormir tranquille.

L’augmentation des salaires : Il n’y a que la grille des salaires « minima » de la branche qui sera augmentée. Un très  grand nombre de salariés étant rémunéré légèrement au-dessus de cette grille, ils n’auront donc pas de revalorisation de salaire. Il y aura bien des employeurs qui le feront, là où il y aura des représentants du personnel ou bien dans certains établissements, mais attention aux pratiques discriminatoires (augmentation à la tête du client). De toute façon, baisse ou pas baisse de la TVA, il devait avoir des revalorisations de salaire, aussi bien au niveau de la branche que dans les entreprises lors des NAO (négociation annuelle obligatoire).

Les embauches : Ce n’est qu’un engagement moral ! Beaucoup disent aujourd’hui que grâce à la baisse de la TVA, ils vont pouvoir conserver leur personnel actuel.

La CFDT avec l’ensemble des organisations syndicales souhaitaient vraiment qu’une ou deux mesures sociales phares puissent être retenues (13ème mois; 6ème  semaine de congés payés…),  marquant une étape importante pour ce secteur. Au lieu de cela, nous assistons à des mesurettes que tout le monde aura oubliées dans quelques mois, le tout financé par des fonds publics qui restent tout de même l’argent des contribuables.  Nous finançons indirectement cette opération, nous n’aurons pas cette baisse des prix tant annoncée et l’ensemble de tous les salariés des HCR ne verront pas leur pouvoir d’achat augmenter. Aujourd’hui, nous avons raté un rendez-vous avec l’histoire, il est loin le temps où tous les restaurateurs disaient à l’unisson que grâce à la baisse de la TVA, nous allons moderniser le secteur, rendre attractif nos métiers… On devrait pourtant le savoir, l’histoire se répète. A l’heure où nous écrivons ces lignes, la baisse de la TVA est déjà inscrite dans le passé. On avait raison, c’était bien la bais(s)e qui nous attendait !