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Sous prétexte d’une baisse prévisible des aides de l’état, les employeurs ont quitté, vendredi 5 octobre, la salle de la Commission de négociation « mixte » réunie sous la présidence du Ministère de l’Emploi. Les négociations devaient porter sur :
– la grille de salaire dont les premiers niveaux sont actuellement en dessous du SMIC ;
– l’insertion professionnelle ;
– la couverture prévoyance pour les salariés portant sur les gros risques, accidents, maladie, invalidité

La délégation patronale était composée de membres des groupes Flunch, Cafétérias Casino et Autogrill.
Comme tout employeur du secteur, ils sont bénéficiaires de l’aide de l’Etat depuis l’été 2004 ; aide – dite « prime Sarkozy » – censée être consacrée à la suppression du SMIC hôtelier, à l’amélioration des salaires et aux conditions de l’emploi dans la branche professionnelle afin de contrer la pénurie de main d’œuvre. Aucun d’entre eux n’est un exemple de sa bonne utilisation.
Ces aides, qui équivalent à la suppression totale des cotisations sociales des employeurs, voire avec une prime en sus, n’ont jamais été décrites comme des aides pérennes. Elles étaient conditionnées à l’amélioration des conditions de travail par la négociation de branche et à la création d’emplois.
Les employeurs sont donc effarés de voir dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) leur enveloppe d’aides publiques ramenée en 2008 à « seulement » 555 millions d’euros (les pauvres !). Les entreprises ne bénéficieraient plus de ces aides que dans la mesure de 30 salariés par entreprise. (On soigne son électorat comme on peut !)
A entendre les grands groupes, ils sont spoliés ! Mais pour la CFDT, c’est encore bien trop ! Car la grille de salaires qui concerne 75% des salariés est toujours en dessous du SMIC et ce, depuis 1998.
L’insertion professionelle, style Flunch (groupe Auchan), dépend uniquement des contrats de travail aidés par l’UNEDIC allant au-delà encore des aides « Sarko » ;
Autogrill, multinationale du groupe italien Benetton, découvre l’El Dorado et souhaite s’approprier sa part de la manne provenant des contribuables français au profit de ses actionnaires ;
Casino Cafétérias, filiale du groupe de distribution coté en bourse, est passé de plus de 7 000 salariés en 1997 à moins de 4 900 à fin 2006, suite à de multiples plans sociaux auxquels l’Etat a également contribué.
Et nous pouvons en citer d’autres

Ces groupes qui prêchent l’ultralibéralisme sont de si bons gestionnaires qu’ils n’existeraient plus sans les aides de l’Etat Français. Incapables de générer des bénéfices, ils comptent désormais sur les otages que sont leurs salariés pour leur fournir une rente !
Nous nous félicitons que le Président de la République, le gouvernement et les élus UMP qui ont soutenu les employeurs de la branche sans réserve afin d’inverser la décision du Conseil d’Etat en début d’année, se soient enfin rendus compte de leur mauvaise foi et de leur superchérie.
Notre Fédération, la Fédération des Services CFDT a interpellé le gouvernement afin de savoir si celui-ci continuera à subventionner des entreprises qui n’hésitent pas à prendre l’emploi en otage du versement d’aides de l’état. Autant négocier les salaires avec le gouvernement et pourquoi pas, considérer que les entreprises aidées sont finalement des entreprises publiques ?

P.J. Communiqué Fédération des Services CFDT