Les employeurs ont refusé toute avancée significative lors de réunion de la commission mixte paritaire du 16 décembre 2004.
L’ordre du jour initial prévoyait une négociation sur la formation professionnelle continue et sur les salaires. La situation actuelle et la très forte mobilisation liée à l’appel à la grève ont bien évidemment œuvré en faveur d’une négociation sur les revendications des salariés. Mais la délégation patronale n’a pas voulu faire les efforts nécessaires et a tenté de gagner du temps en renvoyant une partie des négociations en 2005 pour éviter le mouvement social programmé.

La délégation patronale a commencé la séance en présentant ses nouvelles propositions :
– augmentation de 2,5% au 01/01/05
– prévoyance : mise en place d’un système de prévoyance dans chaque casino mais chaque établissement choisirait son organisme de prévoyance.
– pénibilité du travail : ouverture de négociations en 2005 sur le travail de nuit au sein d’une commission nationale « santé au travail ».
Le front intersyndical a indiqué que :
– le chiffre de +2,5% était inacceptable car la revendication était de +4%.
– le fait de laisser à chaque casino le choix de son organisme de prévoyance allait à l’encontre de la logique de mutualisation qui veut que plus on est nombreux à cotiser plus la répartition du risque contribuait à faire baisser le montant des cotisations.
– la pénibilité du travail ne se résume pas au travail de nuit. Elle inclut d’autres éléments comme le tabagisme passif, le poids des seaux aux MAS, etc. Nous avons donc réclamé que le travail de nuit soit négocié dès maintenant.
Après de nombreuses suspensions de séances, la partie patronale a réajusté sa position en proposant +3% pour les niveaux 1 et 2 et 2,5% pour les niveaux 3 à 7.
Les syndicats ont alors indiqué qu’ils étaient prêts à accepter 3% de hausse mais pour tous les niveaux (en faisant partir le niveau 1 de 1197€ soit la GMR 5 au 1/07/04 et donc équivalent à +4% pour ce niveau là) et à la condition expresse que les négociations sur le travail de nuit aient lieu avant le 31/12. La délégation patronale a accepté les 3% mais en renvoyant le travail de nuit à une négociation en 2005.
L’ensemble des organisations syndicales a affirmé qu’il était impossible d’accepter cela car nous n’avons aucune confiance en eux pour faire des propositions dignes de ce nom une fois le 31/12 passé. Nous leurs avons donc proposé de choisir entre le mardi 21 et le mercredi 22 décembre pour négocier le travail de nuit et la mise en place d’un accord de prévoyance.
Les employeurs ont fini par accepter, pas de gaîté de cœur, le principe d’une nouvelle réunion le mercredi 22 sur le travail de nuit et sur la prévoyance. La négociation est donc suspendue et reprendra le 22 décembre 2004 sur ces deux sujets.
Que retenir de tous ces échanges ?
1) La hausse de 3% sur les salaires constitue une première victoire au profit de tous les salariés. Cela prouve que la mobilisation paye. « Casinos Modernes de France », qui proposait 0% d’augmentation pour 2005, est particulièrement sensible à la menace de grève.
2) Néanmoins, il faut maintenant accroître la préparation du 31/12 car les questions du travail de nuit et de la prévoyance sont tout aussi importantes (voire davantage). Nous irons donc négocier cette question mercredi 22 décembre en demandant 6 jours de repos supplémentaires par an ainsi qu’une compensation salariale comme la loi le permet pour le travail de nuit. Tout en maintenant l’idée d’une étude très prochainement sur la réduction de l’impact nocif du travail nocturne sur la santé des salariés.
3) Le mot d’ordre de grève pour le 31 décembre doit donc être maintenu car nos revendications principales ne sont pas satisfaites. Nous avons bon espoir d’aboutir lors des négociations du 22 décembre.
4) Un tract intersyndical sera rédigé et devra être distribué auprès de tous les salariés des casinos.

(Information basée sur un communiqué de la Fédération des Services CFDT du 17/12/04)