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Patrick Partouche, Directeur Général du groupe de casinos portant son nom est comparu au Tribunal Correctionnel de Nanterre le 18 janvier dernier. Celui qui licencie sans vergogne des syndicalistes pour délit d’opinion attend le jugement mis en délibéré au 15 mars dans une affaire où le Procureur de la République requiert à son encontre 18 mois de prison avec sursis et une amende de 40 000 euros assortie d’une amende de 100 à 150 000 euros d’amende pour la société Partouche International, filiale belge du groupe Partouche. Deux autres personnes, administrateurs d’un site Internet de poker en ligne, risquent un an de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende chacun.
Ayant prêté son nom et celui du groupe à un site internet basé à l’étranger, Patrick Partouche est poursuivi pour « participation à la tenue d’une maison de jeux de hasard où le public est librement admis ».
Le Procureur estime que les prévenus ont montré une « volonté délibérée de contourner la législation française (…) en s’adressant à une société basée dans un paradis fiscal » car « la législation en France n’autorise pas les opérateurs privés à offrir des jeux de hasard en ligne ».
Le site en question devait reverser 20% de ses gains au groupe Partouche pour le privilège d’utiliser son nom/marque.
Ne pourrait-on pas rappeler au Directeur Général ses propres propos ? Après avoir risqué de sérieusement compromettre l’image de marque de son groupe et de porter préjudice à ses 6 200 salariés comme à ses actionnaires, est-il « digne de faire ce métier » ? Si les Partouche « ne connaissent pas le métier (
) quand on est salarié dans un casino on doit respecter le client, c’est lui qui leur donnent à manger, sinon on change de métier ».
Enfin, un constat paradoxal. Alors que le groupe Partouche use de son influence au sein du syndicat patronal pour réduire le pouvoir d’achat des salariés de la branche et détériorer les conditions de travail et de l’emploi avec la complicité du Ministre de l’Intérieur, les représentants de celui-ci le poursuivent pour des activités illégales.
Voilà ce qui vide de tout sens certains discours hypocrites sur les « patrons voyous » !

Autre pari perdu : le groupe a refusé hier l’OPA de Michel Ohayon proposant 21,50 € par action. Résultat, une chute de plus de 10,5% du cours de l’action qui s’établit à 17 €. Cette annonce intervient après la publication des résultats constatant un recul du bénéfice net de près de 13%. Pointer le doigt vers les syndicalistes et les salariés ne suffira peut être pas à masquer éternellement les insuffisances de la direction.

Sources :
Le Monde 18/01/07
La Tribune 01/02/07