L’été n’a pas été très ensoleillé pour les quelques 70 salariés du Centre International de Séjour de Paris qui regroupe un complexe d’hébergement et d’animation rue Maurice Ravel, (Paris 12ème – entre la Porte de Vincennes et la Porté Dorée), le Centre d’hébergement Kellermann (Paris 13) et le Centre d’animation de Bercy.
La Mairie de Paris a en effet remis en cause la délégation de service public confiée à l’association indépendante qui gérait le CISP et dont le Conseil d’Administration regroupait diverses personnalités et membres des équipes municipales de quartier et de ville.
Cette délégation de service public (DSP) est confiée depuis le 1er septembre à La Ligue de l’Enseignement, une confédération nationale d’associations proche du Parti Communiste tout comme l’élue parisienne chargée du dossier, Clémentine Autain.
En pleine opposition politique au gouvernement, la Ligue de l’Enseignement a mené campagne contre, puis souffert de la baisse des subventions de l’état en faveur des mouvements associatifs. Le chiffre d’affaire apporté par la Ville de Paris va sans doute lui être bénéfique (la Ligue a repris d’autres Centres d’hébergement/d’animation de la Ville de Paris ces derniers mois).
Ainsi, soudainement concurrentielle, la Ligue reprend les deux centres d’hébergement qui encaissent la quasi-totalité du chiffre d’affaires ! La DSP du Centre d’animation de Bercy est reprise par une association de quartier.
Oeuvrant dans le secteur stratégique du tourisme, notre syndicat a l’habitude des intrigues politico-syndicales. Mais lorsque ces intrigues portent préjudice à l’emploi et aux conditions de travail des salariés, cela dépasse les bornes

Depuis de longues années, notre syndicat CFDT-HTR, intervient, milite, manifeste, fait grève, lutte au sein du CISP dans l’humble but de faire décoller les salaires du SMIC. Les donneurs d’ordre en revanche faisaient remonter ses excédents à la Ville de Paris via des artifices contestables (travaux de réfection pharaoniques du hall d’entrée, par exemple).
Alors qu’un début de partage équitable des richesses de cette association 1901 (qui ne devrait pas faire de bénéfices) s’amorce, la Ville de Paris casse la mécanique !
Les rumeurs d’une reprise courent depuis le printemps mais les salariés n’ont été conviés que le 25 août (pour les premiers) à une réunion le 28 pour entendre officiellement leur reprise sous l’article L122-12 du Code du Travail par la Ligue de l’Enseignement au 1er septembre. Bien entendu, les délais légaux n’y sont pas.
Un droit d’alerte initié par la Délégation Unique du Personnel est resté, à ce jour, sans suite de la part de la direction de l’ancienne association qui n’a fourni que le stricte minimum en terme d’informations. Quand aux représentants du personnel CFDT, leur transfert a été sollicité par la Ligue à l’Inspection du Travail alors que leur employeur réel (l’ancienne association) aurait du leur proposer leurs options et les consulter correctement quand au projet de modification des emplois du personnel. La responsabilité pénale des membres du Conseil d’administration du CISP est pleinement engagée sur le plan personnel.
Aucune information n’a filtré quand au rattachement des établissements de l’ex-CISP à la Ligue. Seront-ils directement sous l’égide de la Confédération, rattachés à la Fédération de Paris ou resteront-ils sous la coupe d’une association indépendante ? Personne parmi le personnel ne le sait encore !
Notre syndicat revendique le maintien du CISP (en tant qu’entité associative, comptable et sociale) en tant que tel au sein de la Ligue de l’enseignement ainsi que la possibilité pour son personnel de continuer à dialoguer, sans entrave, en faveur de son destin.