On ne compte plus les déclarations fracassantes d’une baisse de la TVA dans la restauration et ses bien-faits sur l’emploi.
La Fédération des Services CFDT, qui a dans son champ le secteur des Hôtels – Cafés – Restaurants, dénonce une nouvelle fois les déclarations du gouvernement sur la baisse de la TVA sans concertation avec les organisations syndicales.
Se sont prêtés au jeu tout d’abord M. CHIRAC, ensuite M. RAFARIN, puis se sont succédés M. FILLON et M. DUTREIL.
Cette fois c’est le ministre de l’économie, Nicolas SARKOZY, qui hier, annonce qu’il demande aux restaurateurs des engagements sur l’emploi en échange d’allègement de charges déjà décidé et une promesse sur une hypothétique baisse de la TVA.
Comme par hasard cette promesse vient encore une fois juste avant un rendez-vous électoral.

Souvenons-nous de la menace des restaurateurs lors des régionales de voter FN s’ils n’obtenaient rien. Quel hasard en effet… En tout cas, la CFDT n’est pas dupe.
On voudrait nous faire attendre une échéance européenne sur la TVA pour obtenir des contreparties sur l’emploi alors que ce secteur d’activité profite depuis 2001 de véritables cadeaux comme :
– Exonération totale des charges sur les avantages en nature
– Allègement des charges sociales sur les bas salaires même pour les entreprises n’ayant pas opéré de RTT
– Baisse de la taxe professionnelle ;
– Cadeau récent confirmé d’ 1,5 milliard d’euros de baisse des charges.
En attendant le secteur des Hôtels – Cafés – Restaurants est le seul qui bénéficie de l’application d’un décret d’une durée du travail supérieure aux 35 heures et d’une impunité quasi-totale sur des infractions pourtant constatées et vérifiées sur le travail au noir ou au gris (heures effectuées payées de main à main ou pas du tout).
En effet, les derniers rapports de l’URSSAF et de la DILTI (Délégation interministérielle de lutte contre le travail illégal) pointe ce secteur professionnel comme le premier en la matière mais trouve en écho le mutisme le plus complet des ministres concernés.
Quelle référence et quelle image pour l’emploi ?
La CFDT n’attendra certainement pas de nouvelles promesses pour agir dans ce secteur d’activité et demande dès à présent l’ouverture de négociations débouchant sur un contrat écrit tant sur l’emploi mais aussi et surtout sur la qualité des emplois, en contrepartie des cadeaux fiscaux déjà obtenus pour les restaurateurs.
Pantin, le 6 mai 2004