Avec une baisse de son bénéfice (avant impôt) de 9,4% au premier semestre de son exercice 2005/2006 malgré un chiffre d’affaires en hausse de 10,8% à 8,357 Md€, Compass Group continue à se renflouer par le biais de cessions. Sa politique déclarée étant de se concentrer sur les activités de restauration et de services concédés, Compass mise sur un démantèlement partiel volontaire pour assurer sa survie.
Dernière en date : la cession des 50% de la chaîne Moto, detenus par Compass Group en Italie à Cremonini pour une somme de 14,5 millions d’euros. Moto gère 31 aires de service sur les autoroutes italiennes et doit atteindre un chiffre d’affaire de 130 millions d’euros cette année. Cremonini détiendra ainsi environ 50% du marché italien avec quelque 200 aires de service autoroutiers à travers le pays. Compass a déjà cédé ses intérêts dans cette chaîne en Grande Bretagne dans le cadre de la vente de SSP.
Mais cette curieuse politique du groupe Compass, n’est-elle pas en train de l’entraîner dans sa chute ? Les changements de direction, les scandales et les ventes d’actifs à répétition ainsi que les menaces qui pèsent sur le financement des retraites d’une bonne partie du personnel (notamment au Royaume Uni et aux Etats-Unis où celles-ci dépendent des fonds constitués par les entreprises), ont un effet évident sur le bien-être du personnel au travail.
Quand le moral des investisseurs est entamé, comme c’est le cas, cela se reflète sur les résultats boursiers. Mais les conséquences sur le moral du personnel sont plus difficiles à mesurer. Entraînent-elles une dégradation de l’économie générale du groupe ? C’est en tout cas l’une des interprétations que l’on pourrait avoir des chiffres cités plus haut.
En effet, les salariés, selon leur statut, représentent le groupe au quotidien sur le terrain, au plus près du client consommateur ou du client-décideur. Répondre à la volée, sans en être trop informé par le groupe, à leurs intérrogations, inquiétudes et plaisanteries rajoute un stress à des niveaux de productivité et des conditions de travail déjà difficiles.
Il est peut être temps pour Compass Group de renouer avec les progrès sociaux !