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Avenance Enseignement Santé vient de perdre le contrat des 8 maisons de retraite AREPA de la région parisienne au profit de Médirest, filiale de Compass France. Les deux entreprises relèvent de la Convention Collective Nationale de la Restauration Collective qui assurent un certain équilibre des salaires et des acquis à travers son annexe n° 3 lors des passations de marché.
Or, Médirest, au lieu de reprendre loyalement le personnel, lui a aussitôt annoncé sa cession à un partenaire Sin&Stes, une entreprise de nettoyage. « Il s’agit d’adapter la convention collective à l’activité réelle des salariés », plaide le directeur des opérations France de Médirest à nos délégués syndicaux, Dominique Dujardin, Laurent Dubosc (Médirest) et Patrick Valibus (Avenance).
Bien entendu, ceux-ci ne l’entendent pas de cette oreille et ont multiplié les démarches pour défendre les (maigres) acquis et les droits des salariés : saisine de l’Inspection du Travail, consultation d’un avocat en vue d’une plainte, etc.
En effet, passer de la Convention Collective Restauration Collective à la Convention Collective du Nettoyage représente tout de même une perte de garanties notamment en matière de prévoyance.
Dans cette branche, notre syndicat constate que tout est bon pour réduire les rémunérations des salariés sous quelque forme que ce soit. Ces mêmes entreprises concèdent une légère avancée salariale sur le plan national, aussitôt elles cherchent les moyens de la contourner sur le terrain. C’est une chimère de croire à leur bonne foi dans les futures négociations.
Comment des multinationales dans un secteur peu concurrentiel, non délocalisable, peuvent-elles baser leurs projets commerciaux uniquement sur la diminution des rémunérations des employés ? La qualité
jamais entendu parler ? Dans un secteur aussi sensible que celui des maisons de retraite (une activité qui va exploser dans les prochaines années) comment peut-on projeter de payer le personnel au minimum nécessaire, compter sur une rotation massive des effectifs et une évacuation du personnel qualifié sans répercussions sur les soins et le quotidien de nos aïeux ?
Notre syndicat est tout aussi surpris qu’un postulant à un appel d’offres puisse l’emporter en rétrocédant aussitôt l’activité à un tiers sans protestation ni du perdant ni du client. Une absence de réaction qui rendrait Avenance complice d’une concurrence déloyale qu’elle devrait poursuivre en justice.
Les 27 salariés de la maison de retraite du Vieux Colombier, à Villiers sur Marne (94) sont en grève perlée depuis hier. Refusant d’abandonner les 220 pensionnaires tout en refusant les modifications injustifiées de leur statut, ils font preuve d’une conscience professionnelle que les employeurs sont loin de partager.

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