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A la suite de la décision du Conseil d’Etat du mercredi 18 octobre désavouant sa politique
« Le gouvernement appelle à l’ouverture immédiate de nouvelles négociations entre les partenaires sociaux portant notamment sur les heures travaillées, sur une nouvelle grille salariale et sur les congés payés ». Dixit le premier ministre, hier lors d’un point-presse à Matignon.
Après plusieurs années de négociation durant lesquelles le gouvernement a soutenu sa politique anti-35 heures à coups de milliards d’aides publiques en faveur des patrons les plus voyous de France, Dominique Galouzeau de Villepin n’a pas honte !
Se rendant compte qu’après le coup foireux de la TVA, les voix des patrons des HCR ne sont plus acquises, il retourne sa veste en revendiquant la décision du Conseil d’Etat au nom d’une avancée sociale au profit des salariés des HCR !
François Bayrou, constatant le terrain abandonné par l’UMP, se met du coup à défendre les intérêts des patrons des HCR pour lesquels la décision du Conseil d’Etat « serait extrêmement coûteuse ».
Notre syndicat reste perplexe aux déclarations des responsables du PS et du PCF, qui tout d’un coup deviennent très savants sur l’emploi dans les hôtels, cafés et restaurants. Nous n’oublions pas les concessions faites au patronat du secteur lors de leurs passages au pouvoir, dans le même état d’esprit électoraliste.
Les employeurs, Daguin en tête, ne cesse d’impliquer notre Syndicat dans un complot syndicalo-politique en faveur des candidatures de gauche.
Que cela soit très clair
Notre Syndicat n’agit dans l’intérêt d’aucun groupement politique. Il ne défend que les intérêts des salariés du secteur professionnel !
Nous nous réjouissons de la décision du Conseil d’Etat non pas pour les voix qu’elle pourrait apporter à tel parti mais pour l’avancée des droits sociaux des salariés qu’elle doit obligatoirement stimuler.
Cette avancée s’appuiera bien davantage sur l’évolution et l’application du droit commun que sur de nouvelles négociations avec un patronat poujadiste, se réclamant du libéralisme, mais intéressé uniquement par la possibilité d’empocher des aides publiques !
16 ans pour arriver à une CCN non respectée. 10 de plus pour l’enterrer ! S’agissant de la « technostructure du CNPF » un auteur avait écrit que « seuls les patrons médiocres, ceux qui avaient échouaient dans leurs entreprises, pouvaient avoir un intérêt à se réfugier dans une telle organisation ». En ce qui concerne les syndicats patronaux de l’hôtellerie-restauration, pourquoi en irait-il autrement ?
L’évolution des acquis des salariés des HCR passera davantage par l’évolution du droit que par des accords « gagnant-gagnant » avec des perdants. En effet, s’ils savaient gagner, pourquoi leurs entreprises seraient-elles à ce point en perdition ? Les employeurs des HCR ne sont-ils pas des « gazelles » de l’économie capables de créer de nouvelles perspectives économiques et sociales pour la profession ?