On a beaucoup parlé cette semaine d’une décision de justice qui a purement annulé le plan de sauvegarde de l’emploi proposé par la direction de l’hôtel Le Crillon à Paris. En même temps, dans un autre grand établissement, le Plaza Athénée, un accord a pu être trouvé pour garantir les emplois en vue de la fermeture pour travaux.

Retour à la case départ pour les dirigeants du Crillon afin de proposer un autre accord qui visera à sécuriser socialement la période liée à son importante rénovation. Il ne suffira pas uniquement de procéder à un toilettage mais bien de revoir en profondeur sa stratégie en matière de sauvegarde de l’emploi. Si la direction propose un PSE, celui-ci devra couvrir l’ensemble de la durée de fermeture et non pas seulement la première année, les partenaires sociaux ne sont pas dupes. Il faudra également qu’elle précise clairement les conditions de reprises à la réouverture (maintien du salaire et de la qualification). Et il faudra qu’elle fasse preuve d’un peu plus d’équité sur les indemnités pour les départs volontaires, il y a forcément une différence sur leurs montants entre un salarié qui a un an d’ancienneté et un autre qui en a quinze. On peut comprendre le total désarroi de la direction en prenant connaissance du jugement (elle avait même disparu pendant deux jours), il lui appartient maintenant d’avoir un discours clair, les premiers coups de pioches sont prévus pour le mois de mars…

Autre style au Plaza Athénée. La CFDT vient de ratifier l’accord pour la fermeture pour travaux qui doivent débuter en novembre prochain. A contrario du Crillon, il n’y a pas de PSE, l’ensemble des emplois sont préservés. La direction utilise les différents dispositifs qui permettent, durant toute cette période, de conserver les 450 emplois : alternance de périodes de congés payés, de chômage technique et de formation. Sur ce dernier point la CFDT reste très vigilante et a demandé à la direction de lui présenter un plan détaillé au mois d’avril. Il aura fallu quand même plusieurs séances de négociations, une multitude de questions posées par la CFDT, pour que l’on aboutisse à ce résultat.

Ces deux cas montrent bien que la méthode répond bien à une stratégie, celle d’une volonté pour une entreprise de retrouver son personnel à la réouverture et celle qui a pour objectif de se débarrasser (sans scrupules) de l’ensemble de son personnel comme cela a été fait au Ritz.

Dans les mois à venir, deux autres grands hôtels parisiens fermeront leurs portes pour travaux, le Lutetia et le Régina. L’objectif de la CFDT restera toujours le même : maintenir les salariés dans leur emploi, c’est aussi ça la reconnaissance !