Les forces de police étaient en alerte maximale dans plusieurs pays asiatiques ce lundi 1er mai alors que des travailleurs se regroupaient pour demander des améliorations de leurs conditions de travail. En Indonésie, des hélicoptères les surveillaient des airs alors qu’aux Philippines, la police anti-émeute gardait le palais présidentiel.
Au Sri Lanka, où les violences entre les rebelles des Tigres Tamouls et les militaires provoquent des angoisses d’un retour à la guerre civile, le gouvernement a annulé d’autorité toute manifestation du premier mai dans la capitale, Colombia.
A travers l’Indonésie, de nombreuses manifestations étaient prévues avec 50 000 personnes attendues dans la seule capitale. Elles entendaient protester contre des ambitions gouvernementales de réformer les lois du travail et notamment d’introduire des contrats de travail et des modalités de licenciement plus flexibles, mettant en cause la sécurité de l’emploi (tiens !)
« Ne changez pas la loi » scandaient des milliers de travailleurs convergeant sur la place principale de Jakarta alors que d’autres arrivaient en cars et en camions, agitant des drapeaux verts, jaunes et rouge, et montrant des pancartes exprimant leurs demandes.
Craintif, le gouvernement a déployé dans les rues, des canons à eaux et quelques 13 000 policiers équipés de matraques et de boucliers. Les ambassades et les ressortissants étrangers ont reçu l’ordre de rester écartés des manifestations, alors qu’aucuun incident n’a été signalé à la mi-journée.
Aux Philippines, où les rumeurs de coups d’état sont légion, des troupes et des forces de police loyales au gouvernement portant des équipements anti-émeutes, ont empêché des centaines de militants de s’approcher du palais présidentiel à Manille. Mais des milliers d’autres ont voué de se retrouver là plus tard dans la journée afin de commémorer la Fête du travail et d’exiger le départ de la présidente Gloria Arroyo impliquée dans des scandales de corruption et de flasification de résultats électoraux.
D’autres manifestations ont eu lieu au fameux pont Mendiola, devenu un symbole de la résistance anti-gouvernementale. Quelques 500 policiers armés, secondés par des soldats portant des fusils d’assaut et des mitraillettes leur bloquaient le chemin. Le chef de la police a plaidé avec les manifestants de se regrouper dans cinq « zones de sureté » afin d’éviter toute explosion de violence. « Nous ne voulons pas que la Fête du travail soit détourné en une journée de défiance à la loi » déclarait-il.
Au Cambodge, des milliers de policiers ont quasiment arrêté toute circulation dans la capitale, Phnom Penh afin de marquer une volonté gouvernementale de mettre fin à toute manifestation non autorisée. Il n’en a autorisé qu’une seule, dans un théâtre ! « Le Cambodge manque toujours de démocratie et d’un respect des droits de l’homme » déclarait le chef de l’opposition, Sam Rainsy.
En Birmanie, les craintes revêtent d’autres contours. Pour faire face à l’inflation, la dictature militaire a ordonné des augmentations de 1 000% (oui) à tout fonctionnaire allant des hauts officiers de l’état au balayeur de rue, plongeant tout autre salarié ou paysan vers des abysses de la pauvreté encore inconnues.

Source : The Irrawaddy