De grandes manœuvres financières se profilent autour d’Elior et son projet de rachat de SSP. Cette filiale est mise en vente par Compass Group afin, entre autre, d’honorer ses dettes vis-à-vis de ses salariés dont les plans de retraite financent actuellement une partie de son déficit.
Robert Zolade, président actuel, et Francis Markus, cofondateurs du groupe Elior, qui détiennent à eux deux quelques 27,5% du capital projettent une alliance avec un partenaire financier – la presse nomme Advent International – afin de lancer une OPA sur la totalité du capital du groupe. Cette rumeur a fait grimper le prix de l’action à 13,75 € la semaine dernière (8,75 € il y a un an).
Elior se retirerait alors de la Bourse avec le double avantage de stabiliser la valeur de l’entreprise et de la mettre à l’abri d’opérations de prise de contrôle hostiles.
La fusion d’Elior et de SSP permettrait à la nouvelle entité d’atteindre une taille suffisante pour affronter les marchés internationaux tout en réalisant des économies d’échelle. Mais le groupe Compass impose comme condition de vente, le maintien du lien entre SSP et sa centrale d’achat, Servita, pendant cinq ans. Gênant pour certains prétendants, l’est-ce vraiment pour Elior, dont le président déclare que les implantations de SSP sont complémentaires à celles de son groupe ?
Ceci dit, Compass Group lui-même, couvert par le scandale des achats des Nations Unies et celui des exactitudes vis-à-vis de ses fournisseurs, n’est pas à l’abri d’une offre de reprise. De là à imaginer une entente cordiale pour la création d’un second géant mondial de la restauration géré par des français, il n’y a pas loin. Un vieux rêve des cofondateurs d’Elior ?