Afin de mieux comprendre les comptes de l’entreprise, le Comité d’Entreprise de Flunch à Rosny 2 a désigné, le 13 mai, comme il en a parfaitement le droit, un expert comptable pour l’assister dans l’examen des comptes du restaurant.
Dès la création des Comités d’Entreprise en 1945, le législateur a reconnu la difficulté pour les travailleurs d’apprécier la situation économique de leur entreprise. Il a confié aux experts comptables la mission d’assister les CE dans une lecture des comptes au regard des intérêts des salariés, différente de celle des directions et des actionnaires.
Or, cette nomination n’est pas du tout du goût du directeur du restaurant. N’hésitant pas à prendre à témoin l’ensemble du personnel lors de réunions internes, il multiplie les pressions sur les élus pour lui faire renoncer à sa décision. Les invectives prennent même une forme écrite.
Qualifiant ce droit de tout CE, dans un document porté à l’affichage, de « dérive financière » destinée à « remplir les poches d’un cabinet « X » à notre [son] détriment », pour une mission que la direction pourrait faire elle-même. A lire la note, dont la violence du propos est remarquable, le seul espoir pour le personnel de gagner davantage ou de travailler davantage d’heures serait le directeur lui-même !
Le but de la direction est clair : marginaliser les représentants du personnel en faisant croire aux salariés qu’ils ne toucheront pas une prime d’intéressement du fait du CE. Mais justement, celui-ci voudrait comprendre pourquoi l’économie du restaurant ne permet pas de dégager cette prime.
A l’évidence, le CE gêne ce directeur dont l’arrivée récente aurait dû, selon lui, permettre de faire du passé, table rase.
Dans cette économie où on tire les prix à la consommation au point d’en exclure le droit du travail, tout coût devient une « dérive financière ». Tout comme le CE lui-même.
Un coût qui pose des questions, imaginons donc !