Dans cette affaire, le Premier Ministre est monté au créneau. Il veut exiger à HP le remboursement d’aides publiques reçues lors de l’installation de la compagnie dans l’hexagone, si la multinationale licencie 1200 personnes sur le sol français. Défendre l’emploi, faire trembler une corporation américaine, repousser la mondialisation aux frontières
les électeurs apprécieront !
Mais HP n’a pas délibérément payé des salaires au plus près du SMIC pour contribuer le minimum de cotisations sociales patronales. HP n’était pas citée comme championne de la fraude fiscale et du travail au noir. HP a créé des emplois et les a maintenus durant quelques années même si aujourd’hui, il est douleureux de les voir partir.
Il existe un autre secteur professionnel où les employeurs ont reçu 1,5 milliards d’euros d’aides publiques pour réduire les cotisations patronales quasiment à zéro. Où les employeurs ont promis des contreparties aux salariés existants et de créer durablement 40 000 emplois.
Oui, nous parlons des HCR ! 50% des salariés de ce secteur sont au SMIC. Les grilles de salaires n’ont pas été renégociées malgré une obligation légale tous les 5 ans. Aucun emploi n’a été créé, même pas pour la durée des aides, et aucune statistique de source crédible n’existe.
La seule différence : les dirigeants de HP ne votent pas en France mais ses salariés, si. Les employeurs des HCR votent à droite, voire à l’extrême droite et exercent une influence « de comptoir ». Leurs salariés dont une bonne partie travaillent le dimanche, sont trop abusés pour se rendre aux urnes.
Alors M. de Villepin, vos Ministres constatent pour eux-mêmes la mauvaise foi des patrons des HCR. Ne croyez-vous pas que l’opinion publique pourrait déceler une opération purement électoraliste dans le match contre Hewlett Packard si vous n’exigez pas le remboursement du milliard et demi à ces messieurs !