Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé dimanche que « l’interlocuteur des syndicats n’est plus le Premier ministre, mais les députés UMP » sur lesquels « on doit faire pression pour que la loi soit abrogée ».
« Vendredi, on a bien vu que Jacques Chirac a essayé d’approuver le Premier ministre tout en le désapprouvant », a expliqué M. Chérèque sur France Inter. « Maintenant, on sent bien que notre interlocuteur n’est plus le Premier ministre mais les députés UMP, et le patron des parlementaires UMP, c’est Nicolas Sarkozy », a-t-il ajouté.
« Hier (samedi), il y a eu beaucoup de contacts: M. Sarkozy m’a appelé mais il a aussi appelé les autres leaders syndicaux et nous nous sommes appelés entre nous, nous sommes dans une démarche commune », a indiqué le dirigeant cédétiste.
« Si c’est pour débattre des aménagements qu’on a refusés à Dominique de Villepin depuis un mois, il n’est pas question d’y aller (débattre avec les parlementaires, ndlr). On ne va pas accepter à M. Sarkozy et aux députés UMP ce qu’on a refusé à M. de Villepin, ce ne serait pas logique », a souligné M. Chérèque.
« Par contre, si c’est pour débattre d’abord de l’abrogation et ensuite de tous les dispositifs pour l’accès des jeunes à l’emploi, on dira qu’enfin on écoute nos propositions et on peut débattre sur le fond », a expliqué M. Chérèque, rappelant qu’il n’y avait eu « ni diagnostic commun, ni dialogue social sur le CPE ».
« Maintenant, notre travail de syndicaliste est simple: agir en direction du Parlement pour qu’il y ait une abrogation du CPE dans la future loi », a fait valoir M. Chérèque.
Selon lui, la journée d’actions et de grèves du 4 avril devrait servir « à faire pression sur les parlementaires qui ont en charge la rédaction de la future loi ».
« La deuxième loi va être débattue en mai et juin. On va réfléchir en intersyndicale sur la suite du mouvement qui peut s’inscrire dans la durée, mais on va s’adresser à chaque député dans chaque circonscription », a-t-il prévenu.
Enfin, M. Chérèque a déploré une « situation ubuesque, avec une loi promulguée, donc applicable, mais que l’on ne doit pas appliquer, alors qu’on passe notre temps à donner des cours d’instruction civique aux jeunes ».
« Juridiquement, il n’y a aucun recours, on peut appliquer la loi, c’est pourquoi il faut maintenir la pression pour qu’elle s’applique le moins longtemps possible », a dit M. Chérèque.
Selon lui, « on est dans une crise politique très large, une crise de la représentativité politique ».

Dépeche de l’AFP du 02/04/2006 09h37 – AFP – mat/df