Dans un communiqué paru sur le site de L’Hôtellerie, le SNRTC (Syndicat National de la Restauration Thématique et Commerciale) par la voix de son Président d’honneur Laurent Caraux, celui-ci a déclaré « Si rien n’est fait dans le contexte actuel, avec les chiffres de  juillet en forte chute, la perspective d’une TVA au taux de 10% au 1er janvier ne fera que nous affaiblir davantage, nous aurons perdu en quelques mois tout le bénéfice en termes d’emploi que nous avait procuré en 2009 la baisse du taux de TVA ». Cette prévision s’appuie sur une enquête réalisée auprès des professionnels qui chiffrent une baisse de fréquentation de 13.2% sur le mois de juillet.

De quoi parle-t-on ? Tout d’abord, il ne s’agit que d’une enquête réalisée parmi les entreprises adhérentes au SNRTC, qui ne représente qu’une trentaine d’enseignes. Ce syndicat n’a donc pas le monopole du chiffre sur les résultats réalisés dans le secteur de la restauration commerciale. De plus, contrairement aux syndicats de salariés, les organisations professionnelles n’ont pas encore démontrées le poids de leurs représentativités. Donc, que pèse le SNRTC pour pouvoir tenir de telles affirmations ?

Au lieu de se poser les bonnes questions, le SNRTC préfère s’en prendre au taux de TVA et aux salaires ! A aucun moment, les auteurs du communiqué analysent les causes de cette baisse de fréquentation, ils ne parlent que des conséquences. Du coup, les stratégies de marketing ou le problème du rapport qualité-prix sont exclues de toute discussion.

De quoi parle-t-on, lorsque le SNRTC évoque les créations d’emplois liés à la baisse de la TVA depuis 2009  ? Aucun chiffre n’est donné, chiffre que tous les experts s’accordent à dire qu’il est difficile à quantifier et à justifier.

Le communiqué se termine par cette phrase, « le SNRTC souhaite alerter les pouvoirs publics sur les conséquences sociales en termes d’emplois et de pouvoir d’achat pour les milliers de salariés ». Encore une fois, cette organisation patronale prend les salariés en otage, en déclarant dès le mois de juillet, qu’il n’y aura pas d’augmentations de salaire en 2014.

Arrivé à cette conclusion en s’appuyant sur une pseudo enquête est difficile à accepter. D’autant plus que dans la même période, les professionnels de l’hôtellerie sur Paris parlent d’excellents résultats qualifiés d’historiques au mois de juillet !

En attendant les prochaines négociations collectives dans la branche HCR, la CFDT (première organisation syndicale représentative en IDF dans le secteur privé), reste déterminée. Elle revendiquera une augmentation conséquente des salaires pour 2014 et le maintien de la prime TVA, puisqu’au 1er janvier 2014 la profession continuera à bénéficier d’un taux de TVA réduit. Quant au SNRTC, on a envie de lui dire que ce n’est pas celui qui parle le plus fort qui a forcément raison.