Couvert par le bruit de passage du CPE, l’apprentissage à 14 ans est adopté en silence.
Pour atteindre l’objectif de 500 000 apprentis en 2009, c’est 140 000 recrues qu’il faudra trouver. Autant de jeunes qui déserteront les collèges. D’ores et déjà des brochures de présentation de l’apprentissage leur sont distribuées en particulier dans les banlieues dites difficiles.
Mais l’apprentissage n’est pas exempt de discriminations. C’est ainsi qu’un amendement au projet de loi pour l’égalité des chances a été voté dimanche 5 mars pour imposer que la lutte contre les discriminations soit prise en compte dans le contrôle des centres de formation des apprentis.
En effet, avant d’intégrer un CFA, les jeunes doivent en principe avoir trouvé un employeur qui accepte de les prendre en apprentissage.
Dans le cas contraire, les CFA peuvent les aider en leur fournissant, par exemple, des listes de patrons. Mais compte tenu de la discrimination exercée par les artisans et TPE susceptibles de les embaucher, un grand nombre de candidats issus sont recalés.
Pour cette raison, certains CFA mettent en place leur propre filtrage, refusant certains candidats afin d’afficher des taux de placement en fin de formation, plus attractifs. Le cercle vicieux veut que ces taux attirent de nouveaux candidats dont les parents sont plus aisés.
Des formateurs de CFA commencent à témoigner : “Dans la restauration, les entreprises nous font souvent comprendre qu’un apprenti de couleur ou d’origine maghrébine n’a pas sa place dans des emplois en contact direct avec la clientèle”.
15 % des CFA sont des établissements publics. Les autres sont gérés par des organismes aussi divers que les chambres de commerce et d’industrie, les chambres des métiers ou d’agriculture, ou encore les organisations professionnelles. Difficile pour ces CFA de ” mordre la main qui les nourrit “.