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Cette nuit (25 au 26 octobre), les députés UMP ont non seulement bafoué le dialogue social mais aussi les fondements mêmes de la République que sont la démocratie et l’indépendance de la justice.
Profitant d’une vague opportunité offerte par le vote de la loi sur le financement de la sécurité sociale, ils ont introduit et adopté un amendement (toujours inconnu) de dernière minute légalisant les dispositions d’un accord de branche jugé illégal quelques jours auparavant par la plus haute juridiction française, le Conseil d’Etat.
Distillant à nouveau la confusion, employeurs et UMP crient victoire. Ils omettent de dire que la décision du Conseil d’Etat s’applique jusqu’à la date de la promulgation de la loi. Les 35 heures s’appliquent donc dans les HCR dans l’attente.
La présente majorité parlementaire aura tout fait pour soutenir les patrons des hôtels, cafés, restaurants. Déjà plusieurs milliards d’euros de cadeaux fiscaux leur ont été versés, sans contrepartie ni pour les consommateurs ni pour les salariés. Tout en les prorogeant, ils lancent un plan de modernisation prévoyant des soutiens financiers à gogo et même la diminution des redevances sur les machines à sous. Maintenant, on leur écrit des lois à façon ! Le Premier Ministre et le Président de la République vont-ils tirer les conclusions de ce désaveu cuisant venant de leur propre majorité ? Rappelons qu’ils ont tour à tour prôné le dialogue social et une solution négociée quelques heures auparavant.
Il s’agit en effet de la revanche d’une « certaine droite ». Totalitaire. A quelques mois de la Présidentielle, elle est prête à acheter les voix des électeurs en mettant toute une profession sous perfusion financière grâce aux impôts et aux cotisations sociales des citoyens.
Une « certaine droite » qui exprime ainsi son mépris de « la France d’en bas ». Qui s’en prend aux salariés les moins outillés pour défendre leurs maigres acquis. Les salariés des petites entreprises qui « n’ont pas le temps d’écouter la radio pour connaître leurs droits ». En effet, avec 53% d’entre eux au SMIC, la quasi-totalité des jours fériés travaillés, les coupures, les horaires décalés, les repos hebdomadaires éclatés, les saisons, ils évitent de se vanter de leur statut social. Les employeurs tentent de les faire passer pour des nantis : la « 6ème semaine » ne compensaient même pas les repos compensateurs liés aux 39 heures au moment de la rédaction de leur accord.
Quittes à radicaliser les deux plus grandes organisations syndicales de la branche et du pays, ces mêmes députés donnent un coup de main bien manigancé à FO. Dans cette branche, ses représentants fédéraux ont en effet l’habitude de signer des accords en dessous ou à la limite du droit. Incapables de les faire respecter sur le terrain, les employeurs ont libre champ. C’est finalement les non signataires qui doivent les faire respecter !
Cet acte revanchard et méprisant est une véritable honte pour la France et une baffe pour le million de salariés de la branche professionnelle.
Le seul point positif : avec ce tapage médiatique, ils auront peut-être enfin entendu qu’ils ont des droits !
 
 
 
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L’amendement change-t-il quelque chose ? Réponse ici.