L’année dernière à pareille époque, les employeurs criaient au scandale. Le SMIC allait augmenter de 5,5% ! « l’hôtellerie » racontait que les employeurs consentaient des efforts surhumains pour améliorer les salaires de la profession.
Cette année, le SMIC augmente à nouveau de 5,5%. Personne ne dit rien. Bizarre, non ?
Non ! Même les petits patrons des HCR ont fini par comprendre ! Les 5,5%, c’est juste un effet d’annonce ! En réalité, ça leur coûte bien moins cher. Grâce à la réunification du SMIC et des GMR au 1er juillet, l’augmentation est quasiment remboursée par l’Etat sur les deniers publics.
Sur la valeur du SMIC 2004/2005 (7,61 € bruts de l’heure + l’avantage en nature à 3,06 €), les employeurs des HCR bénéficiaient d’une remise des cotisations sociales patronales de 338,79 €. Ils étaient les mauvais élèves, ayant refusé la RTT dans la profession, leurs remises étaient moindres (1).
A partir du 1er juillet, avec le nouveau SMIC (8,03 € de l’heure et l’AN à 3,11 €), cette remise grâce à un nouveau barème réunifié comme le SMIC, la remise sur les cotisations sociales des employeurs(2) des HCR passera à 391,12 €. Soit une augmentation de leur remise de 52,33 €. L’augmentation du SMIC est de 8,03 € – 7,61 € = 0,42 x 169 heures, soit 70,98 € dans la poche du salarié. Mais pour l’employeur le coût réel est de 70,98 € – 52,33 € = 18,65 € soit 1,45% d’augmentation du salaire « chargé ».
Voilà comment ils arrivent à nous faire croire à des augmentations mirobolantes sans le moindre impact sur les résultats de l’entreprise.
(1) Notez bien que ce gouvernement comme celui de Raffarin, récompense les employeurs qui refusent le progrès social.
(2) Les employeurs des autres branches touchent la même remise mais sans l’exonération sur les avantages en nature.