Le nouveau plan d’aides 2007 pour les Hôtels, Cafés, Restaurants a un caractère électoraliste…
Initié par Dominique de Villepin, Renaud Dutreil, ministre des PME, et Léon Bertrand, ministre délégué au Tourisme, ont présenté jeudi 13 avril un soi-disant plan de croissance en faveur de l’emploi et de la modernisation du secteur des hôtels, cafés, restaurants. La majorité des mesures prévues doivent être inscrites dans le projet de loi de Finances pour 2007. Année d’élections majeures.
Ce plan, parait-il, est le fruit des rencontres des principaux représentants des organisations patronales avec Renaud Dutreil et Léon Bertrand.
Encore une fois de plus le gouvernement n’a pas souhaité, ni jugé utile, de se concerter aussi avec les organisations syndicales. Pourtant, la CFDT reçue par Renaud Dutreil le 10 avril, à sa demande, n’a pas évoqué un instant, lors de l’entrevue, le nouveau plan d’aides aux employeurs des HCR. Et c’est grâce à la presse que la CFDT a pu en prendre connaissance.
Où est le fameux dialogue social ?
Où sont les leçons que le gouvernement a tiré de la crise du CPE et sa méthode de négociation ?
Ce plan n’aborde même pas l’emploi qui est le cœur du problème dans ce secteur d’activité puisque aucune mesure réelle et concrète n’est prise pour rendre plus attractif le secteur. La CFDT a pourtant fait des propositions sur l’emploi des jeunes et l’attractivité du secteur dans son ensemble comme la fidélisation des salariés présents mais aucune n’ont été reprises ou discutées pour l’élaboration de ce plan.
La Fédération des Services CFDT pense que cela doit d’abord passer dans l’immédiat par :
– une grille de salaires en Euros renégociable chaque année qui reconnaisse la grille de classification et l’extension de l’accord salaires signé en décembre 2005 par les cinq organisations syndicales qui est bloqué au ministère du travail ;
– l’abolition des heures d’équivalences (temps d’inaction) qui n’ont plus de raison d’exister et qui permettent de faire faire 52 heures de travail dans la même semaine ;
– un nouvel accord sur la durée du travail qui tienne compte cette fois des conditions de travail difficiles des salariés et « un peu » de leur souhait ;
– la mise en place d’une réelle GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences) favorisant l’emploi des jeunes et l’orientation sur la formation professionnelle par un vrai dialogue social au niveau de branche et dans les territoires.
La CFDT dénonce ce qui n’est qu’un contrat avec les employeurs pour leur acheter leur voix aux élections de 2007. Ce n’est en aucun cas un plan de modernisation ou de sauvegarde du secteur. Aucune des revendications ou propositions CFDT n’ont été entendues ou prise en compte, ni la problématique de l’attractivité dans son ensemble de nos métiers. Ce plan n’est que la démonstration d’un gouvernement impuissant de poser les réels problèmes et de demander sans se fâcher avec les employeurs des HCR, des contreparties concrètes en concertation entre « Tous les acteurs », c’est-à-dire avec les organisations syndicales ayant des propositions pour sortir de la crise et lutter contre la précarité.

Communiqué de la Fédération des Services CFDT