Il y a un mois, les syndicats de salariés se félicitaient d’avoir été entendus par le gouvernement. Une lettre ouverte intersyndicale au président de la république avait été suivi par une invitation de la part d’Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat au Tourisme.
Lors de cette rencontre, le Secrétaire d’Etat a affirmé son ambition de voir une progression dans les conditions d’emploi des salariés de la branche résulter de la baisse du taux de la TVA. Il a même invité les syndicats à participer au Comité de pilotage puis aux Etats Généraux de la Restauration.
On aurait pu y croire ! Mais les réunions suivantes ont démontré que les employeurs n’avaient aucune intention d’aller au-delà des concessions déjà inscrites au calendrier des négociations : une « mutuelle » frais de santé et un ou deux jours fériés de plus. Rappelons que dans la restauration, les salariés ont 5 jours fériés chômés ou compensés par an alors que tous les autres salariés français bénéficient de 11 jours fériés (soit une semaine de différence).
C’est alors que les 5 Confédérations syndicales, toujours à l’unanimité, ont décidé de décliner l’invitation aux Etats généraux de la restauration.
La nouvelle à peine diffusée, Hervé Novelli confirme (week-end du 25 avril) leurs appréhensions en annonçant son attente d’une baisse des prix dans la restauration d’au moins 10%. Un faux ou intox ?
Admettons que mathématiquement 100 € de chiffre d’affaire + 19,6% de TVA = 119,60 € ;
100 € + 5,5% de TVA = 105,50 € ; la différence = 14,10 €
Si on baisse les prix de 10%, 119,60 € – 11,96 € = 105,30 €.
On s’aperçoit immédiatement que quelqu’un se paie notre tête ! Ca va forcément se casser ! Les promesses ne seront pas tenues !
Il resterait pour financer 40 000 embauches promises (1) (2), l’amélioration de la grille de salaires (pour faire décoller 53% des 800 000 salariés du taux horaire du SMIC), l’amélioration de la protection sant頖 sans parler du plan d’investissement dans la modernisation de la restauration – seulement 20 centimes pour 100 € de chiffre d’affaire !
Dès lors, les divergences et la cacophonie patronales prennent une autre allure. On s’explique qu’ils ne veuillent aller au-delà des engagements déjà pris en négociation de branche sur le régime de prévoyance, la grille de salaires et qu’ils veuillent rallonger les délais d’application.
Les cadeaux fiscaux précédents n’ont produit aucun résultat en faveur des salariés. Il n’y a aucune raison d’y croire davantage aujourd’hui.
La CFDT attend les effets promis de la baisse du taux de la TVA sur l’emploi, les salaires et les conditions de travail. Les négociations de branche doivent apporter des réponses aux attentes des salariés et non des échéanciers les reportant aux calendes grecques.

(1) Ce chiffre a été déjà avancé en 2004 lorsque les aides Sarkozy (à Bercy, alors) ont été installées sans la moindre mesure de vérification, ni de confirmation depuis cette date.
(2) Dont 20 000 en contrat d’apprentissage octroyant encore de nouvelles aides de l’état.