Communiqué de presse de la Fédération des Services CFDT

Que l’on ne nous fasse pas croire que l’attractivité du secteur de l’hôtellerie – restauration est une priorité de tous les employeurs.
Ils ont plus le souci de faire du lobbying et du chantage au gouvernement sur la baisse de la TVA, en empochant au passage le « un milliard et demi d’euros » des contribuables donné depuis juillet 2004. Les quelques dizaines de millions d’euros d’un certain PDG de la grande distribution ne sont que des pourboires à côté.
En 2003, la baisse de l’apprentissage dans la profession, où des places étaient non pourvues dans les écoles hôtelières comme dans les centres d’apprentissage sur les métiers de ce secteur professionnel, était déjà une grosse alerte.
Les chiffres de 2004 ne sont guères plus encourageants et accentuent cette désertification avec 500 apprentis de moins.
Non seulement ceux qui travaillent dans ce secteur, partent, ceux qui entrent ne font en moyenne que 3 années, mais maintenant la tendance montre que les jeunes sans diplômes fuient le secteur.

La CFDT a toujours eu comme priorité la professionnalisation des métiers de l’hôtellerie restauration mais encore faut-il que les employeurs entendent qu’il est nécessaire d’améliorer les conditions de travail et de vie des salariés et de les reconnaître par les rémunérations et la qualification.
Depuis la dernière commission mixte du 25 mars, sur les négociations de salaires dans la branche, le silence gêné des employeurs comme réponse aux revendications salariales retentit comme une honte face aux millions que reçoivent les employeurs alors que les salariés « en ont ras le bol » de voir leur grille de salaires conventionnelle aussi basse et où il faut être cadre pour être au dessus du SMIC.
Alors qu’en ce moment même le gouvernement, au sein de la sous-commission salaires de la CNNC, cible des secteurs aidés financièrement comme celui des HCR, la situation des salariés et de l’emploi dans ce secteur ne fait qu’empirer.
Ce n’est certainement pas par des déclarations ou par l’opération itinérante en bus dans les régions « des métiers, un avenir » ou par la mise en place de groupes de travail que la situation va s’améliorer, loin s’en faut.
Le gouvernement a sa part de responsabilité.
Alors que la CFDT avait demandé de ne donner aucune aide à ce secteur sans une contrepartie écrite et efficace, quel bilan tire-t-il de l’opération notamment sur l’emploi ?
Face à ce constat, la Fédération des Services CFDT alerte à nouveau le gouvernement pour qu’il ne se fasse pas rouler dans la farine une seconde fois en écoutant le chant des sirènes de certains employeurs.
Nous osons encore espérer que lorsque le dossier de la baisse de la TVA, sera réellement discuté au niveau européen, des contreparties pour les salariés et l’emploi en France seront demandées et apportées.
La CFDT en tout cas s’y emploie par la voix de la CES (Confédération Européenne des syndicats) via l’ EFFAT (organisation syndicale européenne dans le tourisme).
Pour ce qui est de la situation en France aujourd’hui, nous appelons les autres organisations syndicales du secteur de l’hôtellerie restauration à réfléchir à l’organisation d’une action nationale commune si le silence des employeurs persiste.