L’intéressement, vous savez, c’est ce dispositif défiscalisé qui devait permettre aux salariés de recevoir une prime au montant aléatoire calculé en fonction de différents critères stipulés par un accord d’entreprise.
Le groupe Hilton propose un accord dont le seul intérêt est de permettre au groupe de dire qu’il existe
L’architecture de l’accord proposé est telle que les salariés ont très peu de chances de toucher une prime quelconque.
Lié uniquement à l’hôtel, et non pour partie à l’hôtel et pour partie au groupe comme cela se fait ailleurs, son obtention est assujettie totalement aux décisions dont les salariés n’ont aucune maîtrise ni même influence, notamment en matière de politique commerciale, tarifaire, etc. Une commission de suivi ou des informations périodiques du Comité d’Entreprise ne permettraient nullement aux salariés de réagir et de corriger le tir en vue de toucher la prime. C’est sans doute pour cela qu’aucune disposition de la sorte n’est prévue.
Au lieu de mesurer les résultats d’année en année, l’accord proposé par la direction déclenche le versement de l’intéressement uniquement si l’exercice considéré dépasse le meilleur résultat des trois derniers exercices. Concrètement, cela limite sérieusement les possibilités de toucher un intéressement plus d’une fois sur trois, et ce, après les « ajustements d’effectifs » et tous les efforts demandés aux salariés pour « remonter la pente » après une année économiquement moins bonne que la précédente.
Son déclenchement est basé sur une notion anglo-saxonne, le GOP (Gross Operating Profit), « un solde de gestion propre au système Uniform System of Accounts utilisé par la société » ; notion obscur pour l’ensemble des salariés (ne faut-il pas prévoir un mode d’emploi en français ?).
Après un premier refus de signature de la part des organisations syndicales présentes, la direction a eu le culot de faire une seconde proposition en retrait de la première. Au lieu d’une enveloppe à distribuer aux salariés de 10% du GOP excédentaire, celle-ci ne serait que de 8%. Les 2% restants seraient liés au déclenchement du premier critère et également à une notion de satisfaction de la clientèle. Cet indice serait élaboré par une entreprise extérieure. Quand on sait que seuls les clients mécontents ne répondent à de telles enquêtes

Conclusion : le groupe Hilton a de grands progrès à faire avant de passer son brevet « d’entreprise socialement responsable ».