C’est avec tristesse que nous accueillons la nouvelle de la disparition de Francis Markus, successivement Directeur Général, P.-D.G. de Générale de Restauration, puis d’Avenance et d’Elior dont il fut l’un des cofondateurs. Depuis sa retraite en 2004, l’ambiance a totalement changé au sein du groupe.
Francis Markus avait commencé sa carrière sur le terrain et ne l’avait jamais oublié. Entré chez Jacques Borel dans les années 1970, il a occupé des postes de chef d’unité (gérant), de chef de secteur puis de chef d’agence avant de prendre les règnes de Générale de Restauration, à l’époque filiale du groupe Accor.
Mais Francis Markus n’était pas un robot financier au service des fonds d’investissement comme tant d’autres de notre secteur professionnel. Sa disparition au moment où ceux-ci mettent enfin leur grappin sur son œuvre est quasi-symbolique.
Francis Markus portait d’autres valeurs que le tout fric. Sous sa présidence du SNRC (Syndicat National de la Restauration Collective), quelques uns des progrès les plus significatifs de la Convention Collective ont été impulsés. Il ne tolérait pas le racisme et l’anti-sémitisme, en particulier dans son entreprise. A une époque, il avait rapidement congédié des cadres supérieurs mêlés à des affaires douteuses avec des municipalités d’extrême droite.
Vis-à-vis des organisations syndicales, il tentait de convaincre plutôt que d’imposer et savait accepter un compromis. Il respectait le dialogue social et les représentants du personnel pour lesquels sa porte était toujours ouverte. Un engagement pris était un engagement tenu.
Nous étions loin de partager sa définition du progrès économique et social mais Francis Markus aura tout de même largement contribué à bâtir un statut social pour les salariés de la restauration collective.
Nous saluons respectueusement sa mémoire. Ses successeurs pourraient s’inspirer de son exemple.