Selon une étude de la DARES publiée fin mars, la proportion de SMICards dans le secteur de l’hôtellerie-restauration a de nouveau grimpé de 1,5 points entre le 1er juillet 2004 et le 1er juillet 2005.
S’établissant à 51,8% des salariés du secteur payés au SMIC à cette date, la statistique poursuit désormais son ascension vers les 60%. L’effet « trappe aux bas salaires » des nouvelles mesures du gouvernement ne laisse en rien présager un renversement de cette tendance.
Le secteur en est à plomber de 1,5 points la statistique nationale qui, sans lui, s’établirait à 15,3% au lieu de 16,8% constatés par l’étude.
C’est une véritable échappée du maillot jaune de la honte ! En effet, le prétendant au titre en seconde position est loin derrière avec « seulement » 39% de SMICards. Il s’agit des services personnels aux particuliers.
La mise en œuvre de nouvelles grilles de classifications et de salaires dans la branche et ses sous-branches est désormais une urgence. Une grille où les salaires de l’encadrement débutent au SMIC +9% apparaît de moins en moins acceptable au vu de la disparition des classifications intermédiaires du statut employé. En effet, quelle motivation y a-t-il à grimper des échelons ou à rester dans une profession où son seul espoir au bout de nombreuses années de service est de gagner le SMIC « et quelques biscuits » ?
A l’évidence des statistiques les plus officielles, les promesses patronales de contreparties pour les salariés et pour l’emploi sont dépourvues de toute transposition dans la réalité. On se demande pourquoi, si ce n’est pas dans un but purement électoraliste, que le gouvernement s’acharne à verser des aides aux employeurs de ce secteur.