Les charges de travail des femmes de chambre s’alourdissent dans les hôtels de la nouvelle marque du groupe Accor. Après à peine 3 mois d’existence, les institutions de représentation du personnel des hôtels appartenant au groupe (une minorité) les évoquent déjà. Dans les hôtels franchisés, dépourvus de délégués du personnel, leur sort passe sous silence.
Mais les normes de qualité imposent les mêmes contraintes :
– les chambres rénovées possèdent une moquette claire, un mobilier et un pare-douche allongeant les temps de nettoyage ;
– les couettes sont plus lourdes et plus difficiles à manipuler en particulier dans les chambres doubles ;
– l’augmentation du nombre de chambres « twins » et l’introduction de chambres familiales augmentent le temps de travail nécessaire par chambre ;
– le chariot de service et le sac à linge sont plus lourds.
Cela n’empêche pas la direction d’imposer un rythme de 20 (VINGT !) chambres par jour !
Ce travail consiste en un nombre important de tâches élémentaires qui s’enchainent et se combinent tout au long de la journée de travail. Physiquement, ce sont des gestes répétitifs, de flexions du tronc, de rotations, de flexions des genoux, de charges soulevées, tirées, poussées, effectuées à un rythme soutenu et en nombre incalculable. Le tout dans un contexte de forte exigence (rapidité, qualité) qui favorise ou aggrave l’état de stress.
Le vieillissement de la population salariée fait apparaître des troubles musculo-squelettiques s’ajoutant à la charge de travail et à la démotivation liée à l’inexistence d’évolution de carrière et aux perspectives de retraite qui s’éloignent dans le contexte médiatico-économique actuel.
A la suggestion d’alléger les charges de travail des salariées les plus âgées, la direction répond cyniquement que cela serait discriminatoire – leur maintien l’est tout autant ! Elle rétorque que l’utilisation des couettes ferait économiser du temps lors des séjours de plus d’une nuitée – alors que la durée des séjours se réduit. Comme par hasard, elle évalue le temps de « traitement » d’une chambre à 20 minutes (un peu plus pour une chambre famille) – ce qui, théoriquement, laisse à peine le temps de récupérer son chariot et de monter à l’étage dans une période de 7 heures, soit un temps complet. Le taylorisme a de beaux restes ! Mais la plupart des femmes de chambre sont à temps partiel. Les hôtels mettent les « guests » dehors à midi et reçoivent leurs remplaçants à partir de 16 heures.
Le seul point qui semble inquiéter la direction « All Seasons » est le fait que la salariée soit obligée de grimper dans la baignoire pour nettoyer le pare-douche – par « conscience professionnelle », elles enlèvent leurs chaussures et risquent la glissade. Mais plutôt que de rayer les sanitaires avec des chaussures de sécurité, on attendra sans doute un accident mortel pour agir !
Notre syndicat se félicite que le groupe Accor ait consenti, il y a peu de temps, l’abandon de la sous-traitance de cette activité. Aujourd’hui, il propose une étude approfondie des conditions de travail des femmes de chambre par l’Observatoire des Métiers de l’Industrie Hôtelière et l’établissement de normes de travail imposables à l’ensemble de la profession.