Enfin les secours commencent à parvenir à Banda Aceh au nord de l’île de Sumatra (Indonésie), la zone la plus touchée par le tremblement de terre et les tsunamis de dimanche dernier (26 décembre 2004). On déplore dans cette zone la perte de quelques 100 000 vies humaines et le pays a officiellement renoncé à compter ses morts
Ce n’est peut être pas un hasard !
Des syndicalistes thaïs, qui ont pourtant leurs propres préoccupations en ce moment, lancent depuis plusieurs jours sur leur site, tant bien que mal, des appels urgents à l’aide pour les habitants de cette zone. Ils ont même initié une collecte de fonds. Un groupe de militants des droits de l’homme indonésiens (Tapol) réfugiés en Angleterre a lancé également un appel.
Ces sources suggèrent que le gouvernement indonésien aurait délibérément retardé l’aide internationale afin de laisser mourir les blessés et les survivants du désastre, s’assurant ainsi que les opposants à sa politique ne se relèvent jamais.

Le régime indonésien promeut le capitalisme international et développe le tourisme (Bali, Jakarta
) en profitant des pots de vins et autres largesses. Les habitants des îles de l’archipel qui refusent ces transformations, préférant continuer à vivre en paix dans le respect de la nature et des traditions sont sévèrement réprimés par les armes (Timor, Papouasie Nouvelle Guinée, Aceh).
L’île de Sumatra est en effet le théâtre d’une lutte séparatiste depuis les années 1970 et la zone de Banda Aceh abritait un mouvement armé, le GAM. Depuis mai 2003, la loi martiale a été proclamée et la région est sous strict contrôle militaire avec une hypothétique « assouplissement » depuis quelques mois lorsque la loi martiale a été transformée sur le papier, en un « état d’urgence civile ». Des milliers de personnes, partisans de solutions pacifistes ou armées, ont du fuir le pays, certains d’entre eux se trouvent en Thaïlande. Parmi ceux qui sont restés, les exécutions et emprisonnements arbitraires ont servis à les faire taire. Le délit d’opinion serait à l’origine de milliers d’emprisonnements, de viols, de mutilations et d’exécutions. Amnesty International en fait régulièrement état dans son rapport annuel.
L’armée aurait préféré garder le contrôle de la zone même après le désastre, interdisant aux secours d’y accéder et renvoyant des messages confus aux ONG internationales. L’aide humanitaire aurait été stocké dans les aéroports sans que les ONG ne reçoivent le feu vert pour l’acheminer aux victimes de la catastrophe.
WALHI, le groupe indonésien des amis de la terre, l’une des rares ONG tolérées dans ce pays, a tenté depuis plusieurs jours d’organiser de l’aide. Il a collecté de sources internationales environ $11 000, qui ont servis à expédier 59 secouristes dans les zones les plus touchées. Certains d’entre eux ont contourné les postes de contrôle de l’armée pour y accéder.
Médecins Sans Frontières a réussi depuis deux jours à ouvrir une clinique dans la zone avec une équipe qui comptent maintenant 8 personnes.
Enfin, George W. Bush tente de redorer son blason vis-à-vis de l’opinion publique américaine en envoyant la marine à Aceh mais sa démarche est très tardive et son opposition l’accuse déjà d’être de mèche avec les autorités indonésiennes.
Nous noterons dans quel délai les hôtels commenceront à pousser sur les plages d’Aceh et quelles marques internationales seront les premières à s’y installer…
En attendant les derniers survivants ont besoin de notre aide de toute urgence ! Vous pouvez faire des dons à WALHI par virement bancaire via les Amis de la Terre Europe qui s’engagent à les faire parvenir sur place sans frais :
Friends of the Earth Europe (Belgium)
BIC Code: KREDBEBB
IBAN: BE02 4279 1524 2140
Veuillez indiquer « TSUNAMI »
Informations complémentaires :
KBC Bank, Place Stephanie 10, B-1050 Brussels, Belgium
Account number: 427-9152421-40
L’association Médecins Sans Frontières reçoit des dons en ligne ici.

Liens associés (en anglais)
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