C’est au nom du syndicat de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration Ile de France que j’interviens. Au menu de notre intervention, nous vous proposons de vous parler du secteur des hôtels cafés restaurants, d’un certain jeudi 16 février. Attention, le plat est chaud et certains peuvent se brûler. Nous vous servirons ensuite notre vision sur la légitimité des organisations syndicales lors des élections professionnelles. Nous finirons par un classique du genre : la mixité sociale. Et l’addition sera pour le SCPVC.

Congrès CFDT, Grenoble, Juin 2006

Le 16 février 2006, Rémi Jouan lors de ses conclusions sur l’action revendicative au CNC déclara : « Ca fait beaucoup pour un seul secteur ! (en parlant des HCR – hôtels café restaurants), la décision du Conseil d’Etat aura des conséquences sur des acquis pour les 800.000 salariés du secteur
» Pour comprendre pourquoi cette petite phrase a semé le trouble au sein de notre syndicat, une petite explication s’impose.

En décembre 2005, la Cour de justice européenne a rendu un arrêt qui rend les heures d’équivalence illégales. Ce système permettait aux employeurs d’appliquer un coefficient aux heures de présence effectuées par les salariés. Dans l’hôtellerie restauration, les salariés seraient présents mais sans travailler car il y aurait des temps d’attentes
bizarre non ?, alors que, faute de personnel, ce sont plutôt les clients qui attendent ! Ce qui justifierait une durée du travail de 39 heures (10% d’équivalence hebdomadaires plutôt que l’application de la durée du travail légale de droit commun de 35 heures. Or, le droit européen définit le temps de travail comme toute période pendant laquelle le salarié est à disposition de l’employeur, dans l’exercice de son activité. Conclusion, on est au travail ou on ne l’est pas ! Toutes les heures de présence sont du temps de travail. Ainsi, les heures supplémentaires dans les HCR commenceraient dès la 36ème heure et non la 40ème.

Notre syndicat attend avec impatience la décision du Conseil d’Etat, procédure initiée par la fédération des services et nous la soutenons pleinement, c’est tout un secteur professionnel qui attend. Une telle décision aurait comme conséquence d’annuler un décret paru en janvier 2005 instaurant cette pratique dans notre profession.

Conclusion : c’est plus de 800.000 salariés qui pourraient réclamer le paiement de ces heures supplémentaires. Coup dur pour les employeurs après la claque bien méritée du refus de la baisse du taux de la TVA dans la restauration. Cela fait des années que les salariés n’ont rien obtenu comme avancées sociales par les négociations, nous les obtiendrons par des décisions de justices s’il le faut, nous voulons en finir avec les régimes dérogatoires dans les HCR.

Dans ce secteur 60% des salariés sont payés au SMIC et l’effet « trappe aux bas salaires » des nouvelles mesures du gouvernement, ne laisse en rien présager un renversement de cette tendance. Et là pas d’exception, toutes les entreprises sont concernées, même le groupe ACCOR n’hésite pas à faire du chantage inadmissible sur les salaires, brandissant la décision du Conseil d’Etat. Le groupe ACCOR, numéro un de l’hôtellerie, qui se veut à la pointe du mouvement pour la responsabilité sociale des entreprises, devrait user de son influence pour améliorer les conditions de travail et les salaires dans la profession afin de fidéliser les salariés et attirer les jeunes. Au lieu de cela, il encourage les tendances patronales qui cherchent un nivellement par le bas et renflouer leurs marges par des aides de l’état.

Non Rémi, cela ne fait pas trop pour un même secteur, notre action syndicale doit s’accompagner de victoires, nous sommes sur cette voie et la CFDT ne doit montrer aucune ambiguïtés. C’est tout le secteur de la restauration qui est concernée, même la restauration collective, puisque en ce moment nous préparons avec la fédération des services une grande journée d’action. Notre revendication : l’application du SMIC du droit commun dans la restauration collective. C’est aussi simple que ça ! Il s’agit pour nous de faire pression sur les syndicats patronaux afin d’obtenir la suppression de la déduction de la demie-valeur nourriture dans le calcul du SMIC spécifique « Restauration collective ». Cette déduction permet aux multinationales de la restauration collective d’économiser 34,22 € par mois sur le montant du SMIC national tout en profitant des remises de cotisations sociales, actuellement de 26% du montant du salaire brut mensuel. La mesure est d’autant plus détestable qu’elle ne frappe que les salariés payés au minima. Dans ce secteur où la précarité est de règle, les gains de productivité n’ont jamais été partagés avec les salariés. Ils financent au contraire, les opérations spéculatives de leurs dirigeants qui défrayent la chronique boursière.

Congrès CFDT, Grenoble, Juin 2006

Nous ne pouvons nous empêcher d’intervenir sur un sujet qui fait l’objet de l’un des enjeux de la résolution : la légitimité des organisations syndicales lors des élections professionnelles. Sans anticiper sur le débat qui va avoir lieu, il est important de dire qu’il ne faut surtout pas ouvrir la porte à d’autres organisations syndicales dès les premiers tours des élections professionnelles. Faisons attention aux organisations corporatistes, non représentatives, ou encore instaurées ou labellisées par les employeurs. Seul un système confédéré peut éviter ces risques, pourquoi l’avoir écarté ? Pour nous, seules les organisations confédérées peuvent participer dès le premier tour à des élections. Tout le monde s’accorde pour dire qu’il y a assez d’organisations syndicales en France, pourquoi permettre d’en créer d’autres. Il faut quand même avouer qu’une telle orientation nous interroge, difficile à expliquer aux militants d’entreprises. Difficile à expliquer, quand dans le même temps on dépense d’énormes moyens, surtout financiers, à contester la représentativité de l’UNSA dans les entreprises, on marche sur la tête ! Devrons-nous continuer dès la semaine prochaine ?

Congrès CFDT, Grenoble, Juin 2006

Il y a un sujet qui nous tient à cœur au sein de notre syndicat, c’est celui de la mixité sociale. Il y a quatre ans Elena Stanciu, secrétaire générale du syndicat, dans son intervention regrettait que les structures de la CFDT avait du mal à intégrer des militants issus d’origines différentes et de tout âge à des postes de responsabilités. A regarder les candidats à l’élection du Bureau national, les choses n’ont pas évoluées, sur les 42 candidats, un seul candidat à moins de 40 ans contre 25 de plus de 50 ans, et ceux ou celles issues de l’immigration ou d’origines multiculturelles sont absentes de la liste. Nous demandons en aucun cas, des quotas, c’est un système stupide et inefficace. Simplement nous devons avoir à tous les niveaux de la CFDT des responsables et des acteurs qui soient représentatifs de l’ensemble des adhérents. Cela ne doit pas s’arrêter uniquement à la parité « hommes femmes ».

Congrès CFDT, Grenoble, Juin 2006

Il paraîtrait que notre système de perception et de ventilations des cotisations est un modèle du genre que les autres organisations syndicales nous envient. Peut-être à une certaine époque, mais depuis le début de l’année 2005, la machine s’emballe pour les syndicats adhérents à Service +. Des adhérents non prélevées, des cotisations impayées non signalées aux syndicats, des erreurs à la clôture, bref une succession de problèmes qui ont porté un fort préjudice aux syndicats. Ce qu’il y a de pire dans cette situation, c’est la façon dont le SCPVC a réagi, et là je n’accuse surtout pas les salariés du service qui ont dû faire face à des situations semblables que celles vécues par les syndicats. Alors, qui est responsable, tout le monde se rejette la patate chaude, les banques, le développeur informatique, le technicien, la commission exécutive, les syndicats qui ne savent pas se servir de Gessy
tout le monde y passe. Ce qui a de plus insupportable, c’est le manque total de communication, aucune explication aux syndicats. Nous comprenons à ce moment là, que ce qui est entrain de se passer au SCPVC n’est pas un problème majeur pour la confédération, et cela fait un an et demi que ça dure ! Inacceptable, s’il y a un service confédéral qui doit fonctionner sans impairs c’est bien celui du SCPVC ! Peut-on en ce moment se permettre de perdre bêtement des cotisations, je ne pense pas. Malheureusement beaucoup de syndicats et le notre en premier risque et c’est bien dommage de ne pas renouveler le contrat Service + et de retourner à Pacsy.

Congrès CFDT, Grenoble, Juin 2006

Le temps passe vite et nous aurions voulu vous parler d’autres sujets, mais les règles de démocratie m’oblige à l’arrêter là. Vous souhaitez en savoir plus sur notre syndicat, nos actions, nos positions, nos services, vous pouvez consultez notre nouveau site internet : www.cfdt-htr.org un peu de pub ça peut toujours faire du bien. Merci de votre écoute.

Cette intervention a été présentée par Laurent Bigot, Secrétaire Général du Syndicat.