Chaque année à lieu le Conseil National Fédéral de la Fédération des Services CFDT. Ce rassemblement des syndicats régionaux et départementaux est l’occasion de faire le point sur l’actualité et les revendications à propos des différentes branches d’activité. Voici l’intervention de notre Secrétaire Général, Laurent Bigot…
On parle beaucoup du CPE en ce moment, c’est normal, c’est le sujet d’actualité. On est tous d’accord, il est inadmissible de mettre fin à un contrat de travail sans motiver les raisons, pendant les deux premières années ! Mais cela ne doit pas nous faire oublier tous les salariés licenciés en CDI, qui se voient « dégagés » de leur entreprise du jour au lendemain pour des motifs démesurés et scandaleux. Il est facile aujourd’hui pour un employeur de mettre fin à un CDI traditionnel, on a tous des exemples à donner. Sur le nombre, combien vont contester leur licenciement ? Dans le meilleur des cas, cela finit par une requalification du licenciement « sans cause réelle et sérieuse ». Non, le CDI n’est pas le contrat qui sécurise à 100%.
Passons à un autre sujet !
Il y a deux ans, le syndicat HTR, à cette même tribune, expliquait au CNF son désaccord sur la baisse de la TVA dans les hôtels, cafés, restaurants. Le temps nous a donné raison. La mauvaise foi des organisations patronales n’est plus à démontrer. Souvenez vous, il y a quelque temps, il ne se passait pas une journée sans que les médias et la presse évoquent ce sujet. On n’a jamais autant parlé des salariés des HCR. Notre syndicat a joué un rôle important dans ce dossier à travers ses interventions, expliquant les raisons pour lesquelles on s’opposait à la baisse de la TVA. Position qui était loin d’être facile à défendre, face aux arguments démagogiques d’André Daguin (président de l’UMIH). Le temps a tourné à notre avantage. Ce même Daguin, qui au début était plus ou moins populaire, a réussi à retourner l’opinion contre lui. C’est normal, ses dérapages verbaux, ses mensonges, ses propos Poujadistes tout comme son attitude aux réunions paritaires de branche l’ont plutôt discrédité.
Puis le couperet est tombé, ce sera le « Non » qui l’emportera à la baisse de la TVA. Ceci étant, le « Non » à la constitution n’a pas aidé à favoriser le « oui » à la baisse de la TVA. De grands économistes ont même écrit (un peu tard il faut le dire)
que cette disposition était une aberration économique, un coût exorbitant pour l’Etat pour ne créer que des emplois au SMIC !
Une fois ce dossier terminé, un autre surgit, celui du recours au Conseil d’Etat, initié par la Fédération à propos de la suppression des heures d’équivalence dans les HCR. Dans quelques semaines, voire dans quelques jours, la décision tombera, la CFDT a beaucoup de chances de remporter cette bataille (ce n’est qu’une question de droit).
Toutes les équipes CFDT sont mobilisées et deviennent de plus en plus impatientes. Ce type d’action motive les équipes, on a aussi besoin de ça ! Un autre exemple est la victoire de la CFDT EuroDisney concernant le temps de trajet.
En ce moment ont lieu les NAO dans de nombreuses entreprises, une s’est distinguée (et pas la moindre)
Il s’agit du groupe Accor. La direction ne s’est pas gênée à faire du chantage en prétextant que le recours au Conseil d’Etat (en montrant bien du doigt la CFDT) impacterait le résultat des NAO. Chantage honteux, quand on voit ce qui a été attribué aux actionnaires du groupe !
Cela fait longtemps que les salariés des HCR méritent quelque chose en terme de rémunération. Il est regrettable de devoir employer de tels moyens pour y parvenir. Et croyez moi, ce n’est pas de trop pour un même secteur !
Quittons les HCR pour aller dans un autre secteur. Celui de la restauration collective. On assiste, en ce moment, dans les grands groupes (et principalement les « majors »), à une remise en cause des droits syndicaux obtenus depuis de nombreuses années. Les fusions, réorganisations, restructurations impactent à chaque fois, un peu plus les acquis sociaux.
Certains groupes comme Compass ou Avenance n’hésitent pas à recourir à des méthodes de répressions jusqu’alors réservées aux entreprises du secteur, de petite taille.
Nos équipes ont du mal à s’organiser et à faire face à ces difficultés. Gaby Bonnand (Secrétaire National Confédéral – ndlr) le disait hier, qu’il faut inventer de nouveaux lieux de négociation. Nous sommes tout à fait d’accord, la difficulté réside à créer ces nouveaux lieux de négociation tout en préservant ce qui est fait et obtenu au plus près du terrain par les élus et mandatés de proximité.
Au delà de ces lieux de négociation, il faut redéfinir les périmètres de la section syndicale. Si on ne le fait pas, cette même section n’existera peut être plus dans quelques années.
Le rapport de force s’organise sur plusieurs niveaux : l’exploitation, l’établissement, l’entreprise et au niveau du groupe. Nos sections syndicales, telles qu’elles sont conçues aujourd’hui, servent elles tous ces niveaux ? La réponse est non.
Il est important que l’on se saisisse de ce problème (qui concerne toutes les branches de la fédération). Pourquoi ne pas en faire un des enjeux du prochain congrès fédéral, sur le thème «  la section syndicale que nous voulons » ?