Après les terribles événements de ce week-end en Asie, et après les premières images médiatiques, les nouvelles commencent à arriver concernant les salariés de l’industrie hôtelière, parmi les plus durement frappés par ce désastre. Rappelons qu’ils sont trop pauvres pour s’assurer eux-mêmes, ne bénéficient ni de chômage technique, ni de sécurité sociale et se retrouvent sans emploi, pour beaucoup ayant perdu leur logement et des membres de leur famille – NDLR.
Traduction d’un article paru dans « The Bangkok Post » du 30 Décembre 2004 : « 10,000 people lose jobs in island hotel, resort industry » :
Une estimation basée sur la capacité d’accueil des hôtels et complexes de Khao Lak, un nouveau développement touristique en pleine essor dans la province de Phang Nga chiffre à au moins 10 000 le nombre de personnes qui ont perdu leurs emplois suite à la destruction de la plupart des hôtels et complexes hôteliers sur ce point de la côte Andamane thailandaise, dimanche dernier.
Kitti Pattanachinda, de l’association des opérateurs touristiques de Phuket, relate que la région de Khao Lak comptait environ 6000 chambres avec un ratio de 1,6 salariés par chambre.
Le premier ministre, Thaksin Shinawatra, a fixé une priorité à son gouvernement de retrouver des emplois pour les salaries ayant perdu leurs emplois en conséquence du désastre.
Pour M. Kitti, la privation d’emploi sera un problème majeur en attendant la restauration et l’amélioration des paysages pourrait prendre au moins un an, la reconstruction des immeubles et des entreprises locales encore davantage.
« Ces personnes comptent sur leur salaire, ce sera impossible pour eux d’attendre aussi longtemps » estime-t-il.
M. Kitti propose les services de l’association pour aider au reclassement, meme temporaire, des salariés privés d’emploi, dans d’autres branches d’activité.
Il croit que les entreprises touristiques de Phuket pourraient employer davantage de personnes pour remplacer ceux qui avaient quitté la ville pour rejoindre la zone de Khao Lak, en pleine expansion.
L’association collaborera également avec une autre association d’employeurs de Phang Nga ainsi que les autorités du tourisme et de la main d’œuvre en vue d’octroyer une compensation aux employés et au moins le maintien de leur salaire pour ce mois-ci.
M. Kitti croit qu’ il ne faudra pas plus de trois mois pour remettre en marche l’industrie touristique de Phuket malgré les dégâts subis.
Chaninrat Phongyoi, 40 ans, qui travaillait à Seagull Andaman Resort, n’a pas encore commencé à chercher du travail. Originaire d’ Udon Thani [l’une des provinces les plus pauvres de la Thaïlande – NDLR], elle cherche touours son ami, pore disparu au moment du désastre. « Je n’y ai pas encore pensée, s’il n’y a pas de travail pour moi, je retournerai à Udon Thani. J’ai emprunté de l’argent à ma famille. Je n’ai pas encore touché ma paie de ce mois-ci mais s’ils ne me paient pas, je m’en passerai. Nous partageons tous notre destin » dit-elle.
Après ces événements, il est peu probable qu’elle puisse se résoudre à travailler à nouveau dans un complexe hôtelier du bord de mer.
Pendant ce temps, le paysage familier de touristes étrangers en maillot de bain est de retour à Patong Beach à Phuket depuis hier. On peut observer des touristes se promenant le long de la page ou se bronzant, apparemment inconscients des engins de chantier dégageant les débris aux alentours.
Jurgen Kloss, un touriste allemande, dit qu’il retournera chez lui dans deux jours et souhaite profiter de ce qu’il reste de son séjour. A Phuket depuis un mois, il dit ne pas avoir peur d’un autre tsunami.
Warren Arnold, un touriste venant d’Australie, raconte qu’il aime le climat en Thaïlande et apprécie une ballade en bord de mer. Il trouve le pays toujours aussi beau et souhaite revenir l’année prochaine.
Klaus Buchweitz, un Allemand, est venu voir ce qui reste de la plage de Patong après le raz-de-marée. Il est désolé de ce qui s’est passé mais projette, lui aussi, de revenir l’année prochaine.