A qui profitera la baisse de la TVA dans la restauration ? Depuis l’annonce faite par le Chef de l’État sur l’obtention de la réduction de la TVA à 5.5% dans le secteur des HCR, c’est un peu la cacophonie chez les employeurs. Certains s’engagent à pratiquer une baisse des prix, d’autres à ne pas les diminuer. Du côté des créations d’emplois, ça tousse, on préfère afficher la prudence, de toute façon l’engagement n’a jamais été le point fort des organisations patronales de la restauration. D’autres contreparties plus ou moins farfelues ont été prononcées à travers les médias. Certaines constituent déjà des perles : « A la place de mettre des champignons de Paris, on mettra des pleurotes » ; « je vais baisser uniquement le prix du café au comptoir » ; « on va améliorer la qualité du service en changeant la vaisselle ». Rien de très sérieux, par contre tous les employeurs s’accordent pour dire que cette baisse de la TVA servira à améliorer l’ordinaire. Chacun comprendra ce qu’il voudra. L’Etat devra prendre également ses responsabilités, annoncer officiellement une telle mesure, sans même se mettre d’accord sur quels types de contreparties seront demandées aux employeurs, tout cela ressemble à une énorme farce qui coutera plusieurs milliards d’euros. Le Président de la République a annoncé la tenue des Etats Généraux de la Restauration non pas à Versailles mais à Bercy, pour faire un état des lieux exhaustif associant l’ensemble des partenaires sociaux de la branche…

Pour la CFDT, c’est clair ! La baisse de la TVA doit également servir aux 800.000 salariés du secteur ! Nous demandons une vraie négociation sur les salaires, surtout pour les bas niveaux. Rappelons tout de même, que lors des dernières négociations salariales, les organisations patronales ont refusé d’augmenter le plus bas niveau, afin qu’elles puissent continuer à toucher les aides de l’Etat. Avec tous ces petits cadeaux, il est temps qu’une partie soit redistribuée aux salariés. La CFDT affiche un certain scepticisme sur les contreparties qui seront demandées aux employeurs en échange de la réduction de la baisse de la TVA, et surtout sur les moyens de contrôle qui seront mis en place et quelles types de sanctions en cas de non respect des engagements. Une chose est sûre, le dossier de la TVA est loin d’être clos. A suivre…