Sans même attendre le 8 décembre, date butoir de la signature de l’accord dans les HCR (Hôtels Cafés Restaurants), trois organisations syndicales claironnent qu’elles feront valoir leur droit d’opposition.

La CFDT prend acte de cette décision qui efface toutes les avancées obtenues lors de la négociation du 30 novembre et remet 800.000 salariés dans l’état de 2008 avec des niveaux salariaux en dessous du SMIC et sans rapport avec l’effet de la baisse de la TVA.

C’est l’occasion pour la CFDT de mettre les pendules à l’heure :

– Le projet d’accord ne prévoit pas la suppression de la prime « TVA » à la fin du contrat d’avenir. Un bilan d’étape est prévu en 2012 mais d’ici cette date la convention collective connaîtra de très nombreuses négociations.

– Le projet d’accord prévoit bien que les saisonniers bénéficient de la prime « TVA » sous la seule condition d’avoir neuf mois d’ancienneté, un point qui aurait pu être amélioré sans remettre en cause l’accord.

– L’absence d’accord a des conséquences immédiates sur le pouvoir d’achat : chaque jour qui passe est un jour perdu pour une augmentation de salaire, sans espoir de prime et de mutuelle santé. Les patrons refuseront toute rétroactivité lors de négociations ultérieures.

– les 10 jours fériés dont 7 garantis profitent aussi à tous. Cet accès au droit commun concerne tous les salariés de la branche et les vrais bénéficiaires travaillent dans les petites entreprises. La CFDT ne pense pas qu’aux salariés des grands groupes.

– 8 niveaux de qualifications sont revalorisés à l’issue de la négociation : par exemple, un employé d’étage, un réceptionniste, un commis de cuisine et un agent de restauration bénéficient ainsi d’une augmentation de salaire.

La CFDT poursuit la consultation de ses adhérents et de ses militants et appelle les autres organisations syndicales à mesurer les conséquences de l’absence d’un accord dans la branche et à formuler des propositions qui permettent de sortir de la logique du tout ou rien qui, pour l’instant, risque de se solder par un « rien pour les salariés ».