Comme nous vous l’annoncions dans un article précédent, c’est aujourd’hui, mardi 27 juillet 2004, que la Fédération des Services devait donner sa position concernant l’avenant à la Convention collective hôtels cafés restaurants. La décision est prise : la CFDT ne cautionnera pas cet accord. Lire le communiqué de presse dans son intégralité…

La Fédération des Services CFDT, après avoir consulté ses équipes syndicales, constate qu’elles partagent majoritairement son analyse. Elle décide de ne pas signer l’accord dans les hôtels-cafés-restaurants. Même s’il comprend des avancées, comme l’abandon du SMIC hôtelier ou la mise en place du régime de prévoyance, deux revendications CFDT, l’accord ne répond pas à la faible attractivité de la profession ou à son incapacité à fidéliser les salariés qui s’y échinent. Il n’entraînera pas non plus un changement d’attitude des employeurs pour lutter contre le travail au noir et les heures non payées. La durée du travail proposée va à l’encontre des souhaits des salariés de la profession. En effet, la Fédération demandait l’application de certaines dispositions de la Loi FILLON sur le dialogue social pour renvoyer dans les entreprises des négociations d’accords tenant compte à la fois de la spécificité professionnelle et territoriale et du choix des salariés. Au lieu de cela, on augmente unilatéralement les durées journalières de travail effectif jusqu’à 11h30 et jusqu’à 52 heures par semaine. De plus, en mettant le contingent d’heures supplémentaires à 180 heures annuellement, la durée du travail est ramenée à 43h00. L’UMIH et les signataires de l’accord refusent aussi la mise en place, proposée par la CFDT le 13 juillet, d’un document obligatoire dans les entreprises pour le contrôle effectif de la durée du travail. Ils refusent enfin et surtout la revalorisation de la grille des salaires. Aujourd’hui comme demain, il faut être cadre pour être payé au dessus du SMIC. Nous sommes loin de la reconnaissance professionnelle attendue par les salariés. Pour obtenir la sixième semaine de congés, il faut attendre juin 2006 pour en bénéficier alors que les aides au profit des employeurs démarrent en juillet 2004, soit deux ans avant. Bref, la CFDT, première organisation syndicale du secteur, retiendra qu’à aucun moment les souhaits des salariés n’ont été vraiment pris en compte.
La CFDT des Services regrette qu’un tel accord n’ait aucun effet sur la professionnalisation, l’avenir du secteur, la lutte contre le travail illégal. Elle considère également qu’il ne tient surtout pas compte du choix des salariés dans les entreprises. Au-delà, cet accord, financé par les aides gouvernementales, du jamais vu pour un secteur professionnel numéro 1 du travail illégal, ne profitera qu’aux seuls employeurs.