Sous-traités, mal-traités

Dans le secteur de la restauration collective concédée, où les entreprises profitent au maximum des aides publiques sur les bas salaires, les deux tiers des salariés ne décollent pas du SMIC.
La grande majorité des salariés exerçant leur activité dans les cantines scolaires et universitaires, sont rémunérés sur la base du temps de travail effectif. Qu’ils soient à temps plein ou à temps partiel, ils ne sont donc pas payés durant les vacances scolaires et touchent le SMIC sur 8 mois.
Dans le secteur Santé, les salariés travaillent week-ends et jours fériés pour un salaire qui dépassent à peine le SMIC sur 13 mois.
La direction de la filiale Enseignement Santé de la société Avenance a dénoncé le 30 mars dernier, les accords d’entreprise portant sur le 13ème mois et la prime d’ancienneté de ses salariés. 13ème mois, qui, en réalité versé au prorata du temps de présence, représente pour la plupart des personnels scolaires, les trois-quarts d’un 9ème mois de salaire dans l’année.
La CFDT est scandalisée qu’une entreprise qui touche une manne en aides publiques sous prétexte de soutien à l’emploi peu qualifié puisse agir avec une telle légèreté dans le but d’appauvrir davantage des salariés mal-payés. Et pour quelle raison ? Difficultés économiques masquées ? Appétit féroce de ses actionnaires ? La vérité serait encore plus révoltante


Semble être à l’origine de cette dénonciation, le refus des 5 organisations syndicales de signer un accord d’entreprise permettant à la direction, lorsqu’elle reprend des marchés non encore sous-traités, de remanier les rémunérations des personnels concernés. Le but de cette manœuvre serait de financer par une restructuration de leurs salaires, leurs 13ème mois et prime d’ancienneté en fonction de la structure de rémunération en vigueur chez le sous-traitant et ne pas avoir à « sortir de la poche de l’entreprise » un 13ème mois pour des personnels qu’elle considère « privilégiés ».
En effet, la restauration collective attend des ouvertures de marché suite à la régionalisation de l’Education Nationale.
Ainsi, le DRH de l’année, Catherine Chouard, du groupe Elior, n’hésite pas à pénaliser une catégorie de salariés particulièrement vulnérable dans le seul but d’une manœuvre vexatoire, discréditer et mettre la pression sur les organisations syndicales pour qu’elles se plient à la volonté de la direction. Un bel exemple pour ses subordonné(e)s et confrères !
La CFDT s’insurge contre cet acte inqualifiable qui comporte comme danger, que les deux autres « majeurs » du secteur (70% du marché sous-traité à eux 3) lui emboîte le pas.