En raison de la fermeture depuis cet été pour raison de « travaux » qui, pourtant, n’ont pas encore commencé, les salariés du Club Ritz ont été dispersés et affectés à d’autres services du célèbre palace parisien. C’est dans ce contexte que la direction vient de leur signifier l’arrivée mi-novembre d’un nouveau gestionnaire des lieux, sous contrat de location gérance, Hubert Boukobza. Le fondateur des Bains deviendra alors l’employeur des salariés du Club Ritz qui seront transférés à son service en application de l’article L122-12 du Code du travail.
Malgré un avis favorable du Comité d’Entreprise, préoccupé par la préservation des emplois, la CFDT estime l’argumentation économique de la direction peu convaincante car non étayée par des éléments chiffrés précis. Se contentant de constater un ralentissement de l’activité et du comportement des consommateurs, la direction « casse » un service sans la moindre prise en considération des attentes des salariés.
En effet, certains, reclassés depuis déjà plus d’un mois, auraient souhaité rester avec leur employeur actuel. D’autres ont pris les devants en démissionnant.
Pour les onze salariés toujours concernés par la mesure, il faudra plusieurs semaines d’angoisse avant de connaître le sort que le repreneur leur réserve. Il a l’obligation de maintenir leurs contrats de travail en l’état mais non de pérenniser leurs avantages acquis, en particulier sur le plan collectif. L’effectif réduit de l’établissement, considéré comme entité juridique autonome, leur privera également des moyens de défense et d’organisation dont ils ont pu bénéficier jusqu’à présent.
La location gérance est un phénomène à la mode dans les hôtels haut de gamme, les directions voyant là un moyen d’améliorer la rentabilité notamment des services de restauration. Cette rentabilité s’obtient aux frais des salariés qui se retrouvent moins nombreux pour faire une même quantité de travail tout en subissant une pression acrue sur leur conditions de travail et de rémunération. Souvent le locataire-gérant doit s’impliquer lui-même dans la production afin de maintenir ses marges. A terme, la qualité des prestations s’en ressent. C’est ainsi que certains, dont des marques du groupe Accor, ont du renoncer à cette méthode de gestion.