Notre syndicat vient de passer un an de lutte acharnée pour obtenir enfin l’application du droit commun aux salariés des HCR. Cette intégration était programmée par la CCN de 1997 dès 2001 mais a été repoussée par l’obstination patronale à ne rien accorder à leurs salariés.
Durant cette dernère année, nous avons été confronté sans arrêt aux manipulations politiques de certains membres de l’UMP. Voire même à une inversion du jugement de la plus haute cour de l’état en notre faveur par une astuce appelé « cavalier législatif ».
Avec le second tour de l’élection présidentielle, du point de vue des salariés de notre branche professionnelle, qu’avons-nous comme candidats en présence ?
L’une, qui prône le développement syndical et le dialogue social et jure de ne plus attribuer aucun cadeau fiscal aux entreprises sans contrepartie.
L’autre, qui promet de se mêler des affaires syndicales en limitant les pouvoirs des organisations et de privilégier les petits patrons par rapport à leurs salariés.
Celui qui dans le cadre de ses fonctions précédents aux gouvernements concernés, en tant que Ministre de l’Economie, a :

– annulé de fait par un décret contestable, l’accord de branche signé avec le Synhorcat prévoyant les 35 heures en 2002,
– accordé des cadeaux fiscaux aux employeurs de la branche au point où certains d’entre eux portent l’appellation de « prime Sarkozy »,
– aménagé une position aux Conseil Economique et Social à un certain monsieur lui assurant des revenus confortables pour supplémenter sa retraite.

Puis comme Ministre de l’Intérieur, il a accordé une réduction des taxes sur les machines à sous dans les bars/cafés et un plan de redressement de la profession prévoyant de nombreux avantages fiscaux et des financements étatiques.
Grâce à ce plan de « sauvetage », élaboré avec ses amis comme JF Copé, il n’existe plus aucune « charge sociale » dans la branche HCR jusqu’à un niveau de salaire de 130% du SMIC.
L’ami politique, M. André Daguin, après le CES, a été promu au titre de Chevalier de la Légion d’Honneur sans autre mérite nous semble-t-il que d’avoir lutter contre l’application du droit commun aux salariés de la branche.
Dès le 1er juillet prochain, ces avantages fiscaux seront pérennisés par une exonération totale généralisée aux entreprises de moins de 20 salariés. Les employeurs continuent à crier au scandale de la lourdeur des charges sociales alors qu’il n’en existe plus dans les tranches où les hôteliers payent leurs salariés.
Au fait, Nicolas Sarkozy soutient une classe d’employeurs qui refusent de partager les richesses générées par leurs entreprises ni avec leurs salariés ni avec l’état pour assumer leur part des frais de fonctionnement de la nation. Certains groupes UMP refusent désormais ouvertement d’assumer leurs cotisations sociales, qui, comme ils disent, « financent des vieux pour lesquels ils ne portent aucune responsabilité« .
Dans une branche où quelques 40% des salariés n’ont pas le droit de vote du fait de leurs origines, il aurait été bien, le 1er mai, de permettre leur expression sans les laisser tomber entre les bras de ceux qui expriment des formules simplistes et démagogues.
Pas étonnant qu’un certain nombre de militants ressentent un goût amer à propos de l’absence d’une manifestation du 1er mai à Paris.
Au-delà de la diminution des cotisations sociales désormais acquise, l’un des candidats promet encore la diminution du taux de TVA quitte à mettre la France à mal avec ses voisins européens. Et ce, rien que pour faire un nouveau cadeau aux employeurs des HCR, sans contrepartie !

sarko.wmv

Si encore le candidat en question connaissait son sujet, mais ses arguments relèvent de l’intox.
1) Si les employeurs de cette profession était si bons à créer des richesses pourquoi aurait on besoin de renflouer leurs caisses de cadeaux fiscaux (4,5 milliards d’euros depuis juillet 2004). Pourquoi 60% de leurs salariés seraient payés au SMIC ? Et où sont les 40 000 créations d’emplois moyennant les derniers 2,5 milliards ?
2) L’exemple cité de l’injustice fiscale bénéficiant aux fast-food est fallacieux. Ces établissements sont certes assujettis à un taux de TVA à 5,5% mais seulement pour les repas emportés. Si vous consommez sur place, le taux de TVA est de 19,6%. C’est pourquoi les caissiers vous posent la question « C’est à consommer sur place, Madame (Monsieur) ? »

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N.B. Le clip vidéo est un montage de « Face à la Une » du 27 avril, coupant les digressions de N. Sarkozy à propos des voitures propres, etc. avant de répondre à la question posée.