Comment transformer quelques aliments en or massif ? Demandez à Daguin et Sarko !« Si on calcule l’exonération théorique(1) sur le SMIC hôtelier par rapport à un SMIC normal, la différence entre les exonérations de charges s’établit comme suite (pour 169 heures mensuelles x taux horaire au 1/7/04 soit 7,55 € l’heure) :
SMIC normal : 331,75 €
SMIC hôtelier : 330,10 € (2 avantages en nature par jour)
SMIC + 1 AN/jour : 318,99 €
Autrement dit, la proposition Sarkozy d’abandon du SMIC hôtelier, fait gagner aux employeurs 1 € par mois en termes de remises de charges.
Sachant qu’en échange, ils toucheront jusqu’à 120 € par mois (et par salarié, selon le pourcentage du chiffre d’affaires réalisé en restauration), ils pourraient raisonnablement maintenir les avantages en nature qui réduiraient leurs subventions de 12,76 € par mois, mais qui permettraient de considérablement améliorer les indemnités de retraite et de maladie de leurs employés – cet avantage a longtemps été considéré comme le seul des HCR – d’autant plus que les avantages en nature ne sont pas, en général, des sommes payées en espèces mais consommées sous forme de restes de nourriture, distribuées au gré du patron.
Dans le cas où le tandem gouvernement/patrons arrivait à obtenir l’abandon des avantages en nature, ces restes de nourriture seraient en principe, remplacés par une somme de 3 € par repas pour les SMICards. D’où l’annonce d’une augmentaion de 11% du SMIC au 1er juillet dans les HCR (= augmentation du SMIC général de 5% + 66 € d’AN). Mais pour tout salaire au-dessus du SMIC, ce serait une disparition pûre et simple de l’avantage en nature, car il n’entre pas dans le calcul du salaire net. Il fait simplement cotiser les salariés sur la valeur des AN ajoutée au salaire brut.
Ainsi, tous les salaires bruts de la profession seraient ramenés plus près du SMIC permettant aux employeurs de toucher davantage de remises de charges. Une opération « kif-kif » pour eux, donc. Mais surtout, le gouvernement pourrait récupérer les exonérations sur les AN accordés aux employeurs, soit 44 x 0,88 € (au 1/7/04) par salarié et par mois. De quoi financer une bonne partie de la mesure promise aux patrons sur le dos des salariés !
On comprend que les patrons négocient à huis clos avec le Commandant Sarko et persistent à ignorer les syndicats de la profession !

(1) Calcul = (coefficient d’exonération x (Salaire brut + Nombre d’AN soit 22 jours x 2 repas * forfait d’exonération de 0,88 €))