L’auteur d’un article paru dans le Figaro Magazine du 7 février met en cause les salariés du Fouquet’s. On n’y lit pas un mot sur la responsabilité de l’ancien employeur dans le déclin du célèbre restaurant des Champs Elysées mais les salariés y sont montrés du doigt. Notre Secrétaire Générale rétablit la vérité en adressant un courrier à Patrick de Carolis, Directeur Général du FigMag :

Secrétaire générale du Syndicat CFDT Hôtellerie Tourisme Restauration, je suis amenée à lire et à regarder tout ce qui concerne ses champs professionnels en vue de garantir le respect et la dignité de leurs salariés.
Avec stupeur, j’ai découvert dans le Figaro Magazine du 7 février 2004 à la page 106, chapitre Loisirs Restaurants, un article ayant pour titre « La nouvelle jeunesse du Fouquet’s » par Maurice Beaudoin.
Extrêmement surprise déjà par le photomontage composé des membres de la direction Christian Rossi, Directeur du service achats, Mme Colette Ragot, Responsable du planning du personnel, M. Jacques Rodriguez, Responsable restauration, etc., le libellé de la photo « … le chef Jean-Yves Leuranguer commente la carte à de jolies (fausses) clientes » inaugure une série de préjudices exprimés par l’auteur :
– « L’établissement avait vieilli, le personnel aussi »
– « Les serveurs traînaient les pieds »
– « Les « traîne-savates ont été dégagés »
sont des phrases utilisés pour décrire ceux qui ont fait l’âme du Fouquet’s, aujourd’hui remplacés, d’après l’auteur, par « … de jolies hôtesses et serveuses (qui) ont été recrutées… ».
Lors du rachat de ce restaurant classé moment historique par le groupe Barrière, les personnels n’étaient nullement responsables ni de l’état des finances ni de l’état des locaux, ni des menus. Pour quelles raisons, Maurice Beaudoin les met en accusation ?
Sait-il que les employeurs ont traîné les savates pendant 14 ans pour négocier une Convention Collective ? Et se sont empressés à ne pas l’appliquer dès sa mise en application. Que les salariés au pourcentage « encaissent » le coût de la crise prolongée depuis trois ans ? Que les coupures rallongent parfois la journée de travail à 15 heures ? Que les salariés rentrent en taxi (à leurs frais – NDLR) après le départ du dernier client au milieu de la nuit ?
Bien sûr, il est plus facile d’accorder l’attention à un groupuscule patronal qui obtient aujourd’hui avec la plus grande facilité une diminution des charges sociales assortie de cadeaux fiscaux et d’une promesse de baisse de la TVA, que de reconnaître que « les traîne-savates » exercent un métier en péril, victimes du mépris des employeurs et parfois même des clients et des journalistes. Dans ces conditions, peut-on s’étonner des difficultés de recrutement ?
La publicité négative que votre magazine fait aux métiers de la restauration est loin d’être compensée par celle faite au groupe Barrière.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de mes salutations les plus respectueuses.
Elena STANCIU
Secrétaire Générale