Afin d’agrémenter les paysages autour de l’Hilton Maldives Resort and Spa en construction sur les îles de Rangali et Rangalifinolhu, une île voisine, Mandhoo, aurait été pillé de tonnes de terreau noir et de sable ainsi que des palmiers et des arbres d’un mangrove.
Cette affaire vient d’être mise à jour par une NGO britannique « Tourism Concern » mais remonte au début de 2005. Un journal local, le Dhiveli Observer, aurait révélé l’ampleur des dégâts en novembre 2005.
Dans un premier temps, le groupe Hilton et son constructeur, Crown Company Pvt ont catégoriquement nié ces faits. Mais en avril 2006, ils ont changé leur fusil d’épaule en argumentant qu’ils possédaient toutes les autorisations nécessaires de la part des autorités locales.
Le groupe laisse entendre que ces autorisations auraient été obtenues en échange de ses activités de soutien de la communauté locale, notamment depuis le tsunami du 26 décembre 2004. Hilton plaide que les prélèvements d’arbres viendraient d’une pépinière mise en place à cet effet et aurait eu comme conséquence de créer des emplois dans l’entretien des arbres et dans des activités connexes comme la menuiserie.
Tourism Concern rétorque que les affirmations du groupe Hilton sont fausses ou exagérées. Le groupe n’emploie aucun enseignant sur l’île de Mandhoo comme il l’a prétendu et l’aide post-tsunami se serait limité à une unique distribution de sacs de provisions.
Les habitants de l’île de Mandhoo cherchent désormais à obtenir une compensation.
Tourism Concern cite une autre affaire dans les Bahama à Bimini Bay Resort and Casino. Ici, Capo Group gère en sous-traitance pour Conrad Hilton, une filiale du groupe, ce « resort » très contre versé qui comprendra à terme un casino, un golf, des marinas et des immeubles d’hôtels et d’appartements de grand luxe.
L’envasement qui accompagne la construction et la destruction des mangroves qui sont des viviers et des lieux de reproduction des espèces marins entraînent déjà une diminution notable des poissons et des coquillages. Ceci affecte les revenus de la population locale qui vit de la pêche, de la plongée de loisir et des activités sportives.
Les propriétaires auraient promis une compensation sous forme de la construction d’une école primaire, la fourniture de moyens de lutte contre les incendies ainsi que des emplois sur les chantiers et éventuellement dans le complexe de loisirs. Aucune de ces promesses n’aurait été tenue. Au contraire, on fait appel à de la main d’œuvre peu chère recrutée au Mexique.
Tourism Concern pointe une déclaration sur le site internet du groupe Hilton, qui, traduit, affirme que « pour Hilton International, la responsabilité sociétale des entreprises nécessite d’aller au-delà des obligations légales afin de contribuer, partout où cela est possible, à une société meilleure. Nous prenons nos responsabilités sérieusement et travaillons à l’intégration de pratiques responsables à travers toutes nos activités commerciales ».
Les « stakeholders » (parties intéressés) dont nous-mêmes, attendons autre chose des groupes internationaux que de simples déclarations destinées à « peindre en vert » la soif de profits de leurs actionnaires.

Sources :
Tourism Concern (en anglais)
CSR Asia Weekly Vol. 2 Semaine 33 16/8/2006