Pour ce faire, le SNAV s’appuie sur une enquête réalisée en 2004 uniquement auprès des employeurs, qui, pour la plus grande partie, n’ont pas répondu. Sur 1335 entreprises interrogées, et après une relance, 210 ont répondu (taux de réponse : 15,5%). Les enquêteurs font valoir que ce sont les grandes entreprises qui ont majoritairement adressées leurs réponses et l’enquête couvre 42,3% des effectifs de la profession. Ils disent alors que les petites entreprises sont sous-représentées et redressent l’échantillon. Après toutes ces manipulations, peut-on conclure que l’enquête est pertinente ?
En tout cas, 95% des entreprises déclarent utiliser les classifications de la CCN et seulement 4% utilisent des systèmes « maisons ». N’empêche ! Par le truchement d’une série de questions très orientées, le SNAV fait valoir que pour diverses raisons les classifications de la CCN sont obsolètes.
Si on considère que ce sont principalement les mécontents qui répondent à ce type d’enquête, il est tout de même étonnant que 23% des 210 entreprises déclarent ne rencontrer « aucun problème » avec la grille actuelle.
Tout cela pour que le SNAV puisse préconiser un changement de logique d’abord dans les appellations d’emploi. Les employeurs préfèrent par exemple, le terme « conseiller de vente » à celui « d’agent de réservation ». En effet, le premier introduit une notion de responsabilité dans la conclusion de l’acte de vente – si on conseille, c’est pour vendre – alors que le second laisse la décision au client ; l’agent enregistre sa réservation. Cette logique se retrouve dans les critères classants où le SNAV souhaite faire passer une notion de responsabilité mesurée en chiffre d’affaire traité par le salarié (nous y reviendrons dans un prochain article).
La grande surprise de cette enquête est de pouvoir constater que les employeurs ont honte des salaires minima de la CCN. Seulement la moitié des entreprises pratique le minimum au niveau 1. Au niveau 2, un tiers seulement sont à 100% du SMCN et le quart entre 100 et 105%, les autres sont donc au-dessus. Au niveau 3, moins d’un quart sont au minimum du SMCN. Aux niveaux 4, 5, 6 et 7 un tiers des entreprises payent jusqu’à 12O% du minimum SMCN, là aussi les autres doivent être au-dessus. Au niveau 7, c’est un quart seulement aux minima. Pour les niveaux 8, 9 et 10, la tendance s’inverse et là, plus de la moitié des salaires sont inférieurs à 120% du SMCN, ce qui laisse aussi une moitié au-dessus. C’est à se demander si on a bien compris !
La CFDT convient que la grille de classifications a besoin de dépoussiérage et rejoint l’idée de mettre en œuvre des critères classants. Chaque salarié devrait pouvoir se positionner sur la grille de lui-même sans conflit avec son employeur et en s’expliquant les écarts éventuels de salaire avec ses collègues.
Mais à la fin des négociations, il faudra mettre en relation les classifications avec des salaires. Jugeons que le SNAV, grâce à cette enquête, va pouvoir user d’une large marge de manœuvre pour améliorer les minima.