Dans un communiqué de presse de ce jour (8 juin), la Confédération CFDT dévoile les mesures annoncées par le Premier Ministre à la délégation CFDT conduite par François Chérèque à Matignon. En avançant un discours volontariste et des arguments centrés sur l’emploi, deux mesures se révèlent particulièrement inquiétantes pour les branches professionnelles de notre syndicat où le nombre de SMICards atteint près de la moitié des effectifs :
1) Le « contrat nouvelle embauche » dans les très petites entreprises. En portant à 2 ans la période d’essai, il offre aux employeurs une grande liberté sans apporter de garanties clairement précisées pour les salariés. Ceci semble fournir au travail légal les mêmes avantages que le travail clandestin qui n’a plus aucun secret pour les employeurs de la branche (voire la presse patronale récente !).
2) La suppression de la totalité des cotisations patronales au niveau du Smic va renforcer le maintien durable des salariés à ce niveau. Avec près de la moitié des salariés de l’hôtellerie, de la restauration publique, de la restauration collective, de la restauration rapide et presque autant du tourisme coincés depuis des années à ce niveau de rémunération, les filières professionnelles de notre branche n’auront plus aucun attrait.
Pas plus que celles qui sont pointés comme étant les secteurs d’avenir des « services » : commerce, distribution, aide à domicile, santé sociale

Au contraire, comme il a été le cas depuis fort longtemps, les employeurs continueront à bénéficier de l’effet d’aubaine et demain, ce ne sera plus 50% des salariés rémunérés au SMIC, mais 75%, 90%…
Et ce, pendant que les patrons eux-mêmes se plaignent d’une pénurie de main d’oeuvre !
Si exonération il y a, que restera-t-il du système de retraites par répartition qui est le notre ? Non seulement le financement des retraites de notre branche (800 000 salariés et croissant…) sera anéanti mais avec lui, celui de toutes les autres branches professionnelles.
Le gouvernement va bien au-delà des demandes du Medef et même des groupuscules patronales les plus radicales telles que l’UMIH, le Synhorcat, etc. Après le désastre du 29 mai, cherche-t-on à acheter des voix pour l’échéance 2007 ?
En tout cas, le gouvernement s’apprête à leur mettre entre les mains non seulement le bénéfice d’une diminution du taux de la TVA mais aussi celui d’une annulation des cotisations sociales (patronales). Et cela, sans la moindre contrepartie pour les salariés de nos professions ! Bien au contraire, le gouvernement « flingue » les secteurs qu’il donne lui-même comme étant les secteurs porteurs d’avenir.
Le syndicat appelle ses adhérents à la vigilance et à la mobilisation permanente.
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