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En 2006, il fallait travailler 21 minutes à Paris pour acheter un Big Mac, 12 minutes à Chicago, 16 minutes à Genève, 30 minutes à Johannesburg (Afrique du Sud), 44 minutes à Pékin, 55 minutes à Kiev et 97 minutes à Bogota (Colombie). Plus que le pays où on vit est riche et moins on doit y travailler pour se payer un menu McDo ! Dans 120 pays, l’indice compare le prix du Big Mac et le convertit en temps de travail nécessaire au travailleur moyen pour s’en acheter un.
Impossible donc de laisser l’indice français se détériorer. Mais pourquoi se dégrade-t-il ? Les « charges » sociales ? Les coûts exorbitants des matières premières ? L’énergie dont les tarifs s’emballent ? Non, le prix du Big Mac n’accuse aucun des prétextes habituels ! Ce sont les loyers parisiens qui le plombent. Il faudrait donc que le français moyen travaille 5 ou 6 minutes de plus pour payer les propriétaires des établissements sous l’enseigne de la multinationale.
Ainsi, la spéculation immobilière chasse la chaîne des lieux prestigieux comme ceux de l’avenue des Champs Elysées. Une histoire de l’arroseur arrosé : lors de leur installation les marques déjà présentes ont fait flamber les loyers pour faire déguerpir les cinémas, épiciers, boulangers et autres petits commerçants. Aujourd’hui, ils sont pris à leur propre piège. D’autres marques de luxe sont prêtes à mettre le prix pour reprendre leurs emplacements. Les propriétaires surfent sur la vague, réclamant des augmentations de 250% à la fin du bail. McDonald’s a intenté un procès à son proprio qui réclame un loyer de 10 000 € le mètre carré par an au lieu de 4 000 € auparavant. Le loyer de Pomme de Pain est à nouveau en discussion après avoir doublé en quinze ans. Léon de Bruxelles y facture ses moules/frites plus chères que n’importe où ailleurs en France pour compenser le coût du bail. Même la Poste devra accepter un loyer cinq fois plus élevé ou suivre l’exode en terre moins chère comme Planet Hollywood.
Les touristes modestes ne pourront plus déjeuner sur la plus belle avenue du monde ! Pour se restaurer, il leur faudra se déplacer dans un quartier, voire une banlieue, où les loyers et les repas sont moins chers.
Une façon de défendre le pouvoir d’achat des français moyens conforme aux objectifs présidentiels : ne toucher ni aux salaires ni aux prix. Et on pourrait rajouter « ni aux spéculateurs ».

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